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Après les résultats provisoires de la présidentielle 2025 / Vincent Toh Bi : « Tirons des leçons avec beaucoup de calme »

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02.11.2025
Le chapeau

Alors que la proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel reste attendue, le candidat recalé à la présidentielle du samedi 25 octobre 2025, Vincent Toh Bi, a réagi aux résultats provisoires du scrutin. 

Lors d’une conférence de presse qu’il a animée, le jeudi 30 octobre 2025, à Cocody, le président d’Aube nouvelle a, en effet, vu dans les résultats enregistrés, une énième preuve de la nécessité de repenser le dispositif électoral en Côte d’Ivoire. Notamment par une meilleure éducation des populations sur les élections et l’amélioration du cadre règlementaire en la matière. « 171 944. C’est l’association des bulletins nuls et des bulletins blancs. Les bulletins nuls, selon les chiffres publiés par la Cei, sont de 105 156 bulletins. Ce qui représente 2,44%. Il y a un problème d’éducation. Cela veut dire qu’après le parti qui a été proclamé vainqueur, le deuxième dans l’ordre des arrivées, ce sont les Ivoiriens qui ont été indécis : 171 94. Cela nous indique qu’il faut améliorer la participation à nos processus électoraux. Les candidats qui sont arrivés après le candidat proclamé vainqueur : 3,09% ; 2,44% ; 1,97% ; 1,15%. Cela fait au total 8, 66%. Tirons des leçons avec beaucoup de calme. Cette passion qui nous a déchiré ne peut plus continuer. Tirons des leçons pour que notre pays consolide sa démocratie », a déclaré Vincent Toh Bi. Qui a fait des propositions de « réformes urgentes et nécessaires, en matière électorale, pour une Côte d’Ivoire démocratique ». Ces reformes issues de son projet de société pour la présidentielle du samedi 25 octobre dernier à laquelle sa candidature avait été recalée par le Conseil constitutionnel, portent notamment sur la révision de l’architecture constitutionnelle et régalienne. « Je crois que le temps est venu que nous nous asseyons avec un dépassement, pour revoir notre Constitution et pour en faire un élément de consolidation de notre unité et non pas un élément d’exclusion, d’interprétation ou d’instabilité. Il faut revoir la Constitution de la République de Côte d’Ivoire avec une volonté d’inclusion et une consultation des couches. Reprenons la loi électorale, adoptons une nouvelle loi électorale », a-t-il suggéré. 
Le 2e axe de ces réformes proposées par Vincent Toh Bi porte sur le cadre institutionnel. Il a ainsi appelé à des révisions au niveau du Conseil constitutionnel pour le remplacer par une Haute cour électorale « dédiée à toutes les questions électorales » et la révision également de la Commission électorale indépendante (Cei), animée par 9 personnalités indépendantes et dont les partis politiques sont exclus. « Après 15 ans, il faut que les partis sortent parce que cela crée beaucoup de problèmes. Il faut une Commission électorale qui travaille certainement avec des éléments politiques mais avec des critères techniques et qui apportent à la population la tranquillité dont elle a besoin », a indiqué le conférencier. 

 

Inclusion 
Il a aussi appelé à la réforme du système électoral pour garantir l’inclusion. « L’inclusion est la norme dans une élection. C’est l’inclusion qui crée la stabilité. C’est la population qui est le censeur d’une ambition et non pas les textes ou les Institutions. Le temps est venu aujourd’hui pour que la Côte d’Ivoire revoie son système électoral pour créer cette inclusion », a insisté l’ancien préfet d’Abidjan. 
Au nombre des réformes qu’il a énumérées, Vincent Toh Bi n’a pas omis des réflexions sur les opérations électorales, recommandant, entre autres, la suppression du parrainage citoyen pour la présidentielle, la révision du protocole des contentieux et du découpage électoral. « Le premier élément, c’est le découpage électoral. Aujourd’hui, le temps est peut-être venu après les élections d’après-crise, de revoir le découpage. Parce qu’il y a certaines frustrations. Il faut équilibrer. Le découpage électoral que nous proposons a également pour but de spécifier les sièges qui seront à élection directe et à système proportionnel. Le deuxième élément, c’est la liste électorale. Nous proposons, aujourd’hui, l’établissement d’une nouvelle liste électorale », a-t-il fait valoir. A le suivre, l’application de ces changements devrait permettre, en trois ans, de disposer d’un environnement électoral inclusif et plus serein. « Tout ce que j’ai cité prendrait trois ans pour être mis en œuvre. Il nous faut trois ans pour mettre en place tout ce processus et pour aborder un nouveau cycle électoral en 2028. C’est-à-dire deux ans avant les élections présidentielles, pour qu’on soit sereins », a-t-il soutenu. 
Pour donner des chances à la prise en compte de ces changements, Vincent Toh Bi a annoncé, après cette présentation, une tournée des partis politiques « pour pouvoir discuter de ces réformes que nous proposons ». Puis, un lobbying sera fait après la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale. « On est à nouveau dans un contexte de suspicion ethnique mutuelle très dangereuse. Il commence à apparaître également ce que nous on a appelé la ‘’zoonomie’’. Aujourd’hui, il y a de classifications, tels animaux et tels animaux. Ce type de classification a précédé des drames dans certains pays. C’est le premier élément de destruction de l’unité d’un pays (…). La réforme, ce n’est pas le changement de la loi. Il faut, aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, une vraie réforme. La réforme, c’est tout le processus de discussion préalable à l’adoption d’une loi. On veut une vraie réforme qui ouvre le champ aux vraies consultations », a indiqué l’ex-candidat à la candidature pour la présidentielle du samedi 25 octobre 2025.

 

Signature
Alassane SANOU
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