Lors de l’Assemblée générale extraordinaire (Age) de la Fédération ivoirienne de football (Fif) tenue, le samedi 29 novembre 2025, au Plateau, le président de la Commission des finances de la Fif, Yao Yao Georges Armand, a présenté dans le détail le budget 2026 de l’Institution, arrêté à 21,7 milliards de F Cfa. Un budget qu’il a qualifié d’« honnête, équilibré et visionnaire ».
« Soyons transparents dès le départ : nous n'avons mobilisé que 57 % de nos ressources prévues en 2025. Certains y verront un échec, nous y verrons une preuve de discipline », a indiqué d’entrée Yao Yao Georges Armand pour instaurer une démarche de transparence. Face au retard de décaissement de plusieurs partenaires et Institutions, la Fif a dû opérer des choix difficiles. « Lancer des chantiers sans trésorerie et créer des dettes, ou reporter et sécuriser pour mieux investir. Nous avons choisi la responsabilité », a fait savoir Yao Yao Georges Armand. Ainsi, 43 % des fonds non mobilisés sont simplement reportés sur 2026, pour être réinvestis dans de meilleures conditions. Malgré ces contraintes, plusieurs indicateurs demeurent encourageants : maintien de la quasi-totalité des sponsors, les recettes sportives en hausse de 100 %, portées par le triomphe ivoirien à la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2023. Sur les 24,9 milliards de F Cfa prévus pour 2025, la Fif a encaissé 14,2 milliards de F Cfa au 30 septembre. Les subventions, attendues à 12,7 milliards de F Cfa, n’ont été mobilisées qu’à hauteur de 4,9 milliards de F Cfa (35 %), tandis que les partenariats ont atteint 73 % d’exécution. Le principal moteur financier reste la performance sportive : 6,55 milliards de F Cfa de recettes, largement supérieures aux prévisions. « 21,7 milliards de F Cfa, zéro déficit, 100% d’ambition. Voici comment nous allons investir dans le football », a affirmé le président de la Commission finances. A l’écouter, pour l’année 2026, la Fif propose un budget rigoureusement équilibré à 21,7 milliards de F Cfa, conçu selon deux scénarios : scénario de base : 21,7 milliards et scénario prudent : 13,4 milliards (en cas de nouvelles tensions sur les recettes) Quelles que soient les circonstances, Yao Yao Georges Armand a garanti que « les compétitions seront maintenues, les clubs seront soutenus, la Fédération restera solide ». Le responsable des finances de la Fif a indiqué que la première priorité de la Fif est d’investir dans les terrains. Ainsi, 8,7 milliards de F Cfa seront octroyés à l’organisation des compétitions. Aussi, 4,6 milliards seront reversés directement aux clubs (+4% vs 2025). La deuxième priorité est les infrastructures pour 20 ans, dont 6,9 milliards (32 % du budget). Il s’agit de l’un des volets majeurs. Notamment le début des travaux du Centre technique national, digne des champions (2,1 milliards F Cfa) ; la rénovation de plusieurs pelouses (Yopougon, Abobo, Anyama) ; et le lancement des travaux de construction du nouveau siège de la Fif, un projet conçu comme un investissement durable. « Ce n’est pas du confort, c’est un investissement. Les surfaces louées vont générer des revenus récurrents. Dans 10 ans, ce siège financera une partie de nos activités », a-t-il affirmé. Il s’agira dans les priorités, de consacrer plus de 52% pour la formation des arbitres, entraîneurs, cadres techniques. Il a aussi souligné que 652 millions de F Cfa seront dédiés au développement humain. « Notre investissement le plus précieux, c’est l’humain », a-t-il dit. Selon Yao Yao George Armand, le budget 2026 renforce l’autonomie financière de la Fif, désormais à 57 % d’autofinancement, un ratio calculé via les recettes sportives, partenariats et sponsoring. Par ailleurs, l’endettement reste très maîtrisé. « Notre ratio d’endettement est de 12 %. La norme est de 30 %. Nous sommes largement dans la zone de maîtrise », a-t-il soutenu. Yao Yao Armand a invité les délégués à soutenir un budget profondément orienté vers la transformation structurelle du football ivoirien. « Ce budget n'est pas parfait, aucun ne l'est, mais il est honnête, équilibré et tourné vers l'avenir. Il traduit une ambition simple : que chaque enfant ivoirien qui touche un ballon puisse rêver de gloire et que notre système lui donne les moyens d'y parvenir », a-t-il exhorté.