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Après avoir dévoilé la liste des joueurs convoqués / Emerse Faé (Sélectionneur des Eléphants) : « Zaha est un joueur qui est capable de faire des différences individuelles, collectives »

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10.12.2025
Le chapeau

Le sélectionneur de la Côte d’Ivoire, Emerse Faé, a expliqué, face à la presse, le mardi 9 décembre 2025, dans la salle de conférence du stade Félix Houphouët-Boigny du Plateau, ses choix pour les joueurs retenus pour la 35e Coupe d’Afrique des nations (Can) de football au Maroc. Les absences de Nicolas Pépé et Simon Adingra, et aussi le retour de Wilfried Zaha ont été beaucoup évoqués.

Pourquoi avoir opté pour 26 au lieu de 28 joueurs
Non, nous on est des entraîneurs qui sont simples. On nous a autorisé 26 joueurs, donc on a pris 26 joueurs. Pourquoi les deux réservistes ? Parce qu’on se laisse quand même le droit, en cas de blessure après le 11, de les remplacer. Donc on les met sur une liste de 28 autorisée par la Caf et puis on espère qu’il n’y aura pas de problème qui nous obligerait à faire appel aux réservistes. Mais ce qui est sûr, c’est que nous, on a respecté ce qu’on nous a demandé, c’est-à-dire les 26 joueurs pour cette Can.On n’a pas pris que 26 joueurs qui étaient en forme, on a essayé de faire un groupe qui va nous permettre d’aller au bout. Quand on sait que ça va être long, on est obligés de faire un groupe en tenant compte de tous les éléments.

Compartiment qui a posé beaucoup de soucis dans l’élaboration de la liste
Oui, beaucoup de soucis mais pour être honnête, c’est dans la liste globale qu’on a eu- je ne vais pas dire des soucis parce que ce ne sont pas des problèmes, en tout cas pas des problèmes de manque. Mais on va dire qu’on avait le choix, on avait beaucoup de choix, on avait beaucoup de possibilités. Il y a des joueurs qui ne figurent pas dans la liste et qui méritaient aussi d’y être. Malheureusement, quand on commence à placer les joueurs, on se rend vite compte qu’on arrive déjà à 28, 29, 30 et qu’on est obligés d’en retirer. Donc on n’a pas eu de problème dans un compartiment particulier mais c’est vrai que pour faire la liste des 26, ça n’a pas été facile parce que beaucoup de joueurs méritaient aussi de faire partie de cette aventure.

Absence de Nicolas Pépé
Non, sanction, c’est un peu fort. Je trouve que c’est un peu fort parce qu’il a certes fait une intervention ces derniers jours. Mais ce que je peux vous dire aujourd’hui, c’est que ce n’est pas une sanction sportive en tout cas. Ce n’est pas une sanction sportive. Si on devait regarder que le volet sportif, il aurait bien évidemment été dans la liste. Après, pour faire une liste, vous le savez mieux que moi, il faut tenir compte de beaucoup d’éléments, que ce soit le terrain ou en dehors du terrain. Donc tous ces éléments réunis ont fait que Nico (Nicolas Pépé, Ndlr)) n’est pas sur la liste. Mais ce n’est pas du tout une sanction sportive. Et je pense qu’il est en règle au niveau administratif.

Le Retour de Wilfried Zaha
Je n’ai pas de problème avec Wilfried Zaha. Vous avez longtemps cru que j’avais un problème avec Wilfried, alors que ce n’était pas le cas. Quand on analyse un peu notre équipe sur les derniers matchs, c’est vrai qu’on pêche un peu sur l’aspect offensif, au niveau de la finition. C’est vrai que Wilfried, c’est un profil d’attaquant de couloir qui sait marquer, qui sait faire marquer aussi et qui possède beaucoup d’expérience. Donc, pour une compétition comme la Can où on va être très attendus, où il va y avoir beaucoup d’équipes qui ont l’effectif pour remporter la compétition, je pense qu’il était important d’avoir avec nous un profil comme Wilfried. Zaha est un joueur qui est capable de faire des différences individuelles, collectives. Je pense que c’est un profil qui va beaucoup nous apporter sur l’aspect offensif et qui va nous permettre de finir les nombreuses actions qu’on se procure.

Absence de Simon Adingra
C’est vrai que la dernière fois, vous avez comparé de suite la grosse performance de Yann Diomandé à Simon Adingra. Là encore, vous voulez savoir si le retour de Zaha a un rapport avec l’absence de Simon Adingra. Je pense qu’il faut arrêter de faire une fixation sur Simon. Il faut le laisser se concentrer sur son club, qu’il revienne en forme, mais ne pas penser qu’à chaque fois qu’on prend un joueur offensif, c’est au détriment de Simon Adingra. Non. Je pense que ce sont deux profils qui peuvent jouer ensemble. Il n’y a pas de raison qu’on enlève Simon pour faire rentrer Wilfried, ou comme ça a été le cas par rapport à Yann. Donc on a pris Wilfried pour ce que j’ai expliqué tout à l’heure. Après, les raisons pour lesquelles Simon n’est pas là sont différentes. Mais en tout cas, il n’y a pas de lien entre le retour de Wilfried et l’absence de Simon. Simon fait face à la concurrence. Il y a la forme du moment de Simon. Quand on fait le rapprochement des deux… C’est vrai que ça a été difficile de mettre Simon avant des joueurs comme Yann, Bazoumana, Ahmad… Il y a du monde, donc la concurrence, plus le fait que lui ne soit pas dans une grande forme fait qu’il n’a pas pu être dans le groupe avec nous.

Ce qu’Emerse Faé pense de la décision de la Fifa sur la libération des joueurs
Comme toujours, moi je dis ce que je pense. Mais franchement, quant au départ on apprend qu’on a les joueurs le 8 décembre 2025, bien évidemment, on s’organise en fonction du 8, avec deux matchs amicaux : un qui était prévu le 15 et un autre le 18 ou le 19. En tout cas, on s’est organisés en conséquence. Et c’est vrai que quand, à la dernière minute, on nous dit « Non, finalement, ça va être le 15 », parce que les clubs ont mis la pression, nous, ça nous désorganise. On est obligés de revoir tous nos programmes à la baisse. Deux matchs amicaux qui étaient prévus… il y en a un qui risque aussi d’être annulé. C’est une complication quand ça vient à la dernière minute comme ça, et ça nous oblige à revoir toute notre organisation. Je pense que la Fifa devrait faire un effort pour respecter un peu plus le foot africain. Prendre une décision une bonne fois pour toutes, pour que tous ces problèmes liés entre les sélections et les clubs soient réglés. Parce que nous, en tant que sélectionneurs, on reçoit tellement d’appels des clubs… c’est une pression qui est quotidienne. Donc c’est très compliqué. Il faudrait que la Fifa et la Caf s’asseyent pour régler une bonne fois pour toute ce problème de date quand il s’agit de la Can. Parce qu’à un moment donné, ce sont nous les sélectionneurs qui prenons les pots cassés. Ce sont les joueurs aussi qui reçoivent énormément de pression de leur club pour soit ne pas venir, soit venir le plus tard possible en sélection. C’est compliqué pour tout le monde et ça n’arrange pas vraiment la préparation de la compétition pour toutes les équipes. J’ai discuté avec Walid Regraggui aussi il y a quelques jours, qui m’a dit exactement la même chose. C’est compliqué pour nous. 

La question de l’intégration de Zaha dans le groupe
Pour Wilfried, non, je n’ai pas de crainte parce qu’on l’a rencontré plusieurs fois, on l’a eu au téléphone plusieurs fois… Il sait d’où il vient, il sait où il met les pieds. On lui a tout brossé, il sait à quoi s’attendre. On a été très clairs avec lui. Si demain il ne s’intégrait pas au groupe, je n’aurais aucune hésitation à l’enlever du groupe, même si la compétition n’est pas terminée. Donc tout a été clair entre Wilfried et le staff. Je n’ai vraiment aucune inquiétude sur sa faculté à s’intégrer au groupe.

La pression avant la compétition
Oui, il y a une pression. Après, j’ai la même pression que tous mes confrères sélectionneurs qui participent à la Can. La pression, elle est normale quand vous êtes sélectionneur d’une équipe africaine comme la Côte d’Ivoire. Même si je n’étais pas venu en pompier, même si je n’avais pas fait tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, j’aurais eu une petite pression pour aborder cette Can. Parce que, comme je l’ai dit tout à l’heure, il y a beaucoup d’équipes qui ont l’effectif pour remporter cette compétition. Ça va être une compétition très difficile. Donc on a une petite pression. Mais on est des challengers, on aime ça. Si ce n’était pas le cas, je pense qu’avec Guy Demel, on aurait démissionné après le titre en Côte d’Ivoire. On aurait attendu et laissé les choses passer tranquillement. Mais non, on va là-bas en étant conscients de nos forces et de nos faiblesses. On sait que nos adversaires en ont aussi. On va aller là-bas, comme je l’ai dit, avec des intentions fortes, essayer de gagner la quatrième étoile, sans se mettre de pression supplémentaire.

Côte d’Ivoire favorite ?
Chacun a son avis, chacun son équipe, chacun son favori. Je pense que si vous posez la question aux Ivoiriens, ils diront qu’on est favoris de la compétition. Sinon, moi, ça ne me fait ni chaud ni froid. Nous-mêmes on est conscients que la Côte d’Ivoire fait partie des favoris automatiquement. Ça ne va rien changer à notre manière de nous préparer. Comme je l’ai dit tout à l’heure, on va là-bas vraiment avec de grosses intentions, de gros objectifs. Donc on ne va pas se concentrer sur ce qui se dit à droite, à gauche. On va seulement aller là-bas pour ramener notre quatrième étoile.

Les adversaires de la Côte d’Ivoire à la Can
C'est un très bon groupe. Lors de la Can chez nous, on a souvent parlé du Maroc qui a qualifié la Côte d'Ivoire mais ce qu’il ne faut pas oublier, c'est qu’en vrai il y a deux équipes qui ont qualifié la Côte d'Ivoire : le Mozambique et le Maroc. Donc le Mozambique est une très bonne équipe, qui est très souvent sous-cotée. Ils ont un football vraiment agréable à voir, ils essaient de jouer. C'est un peu le football portugais où tu as des joueurs techniques et qui sont très fins tactiquement. Ils ont de bons joueurs, de bonnes individualités, surtout en attaque. C'est une bonne équipe qu'il ne faut surtout pas négliger. Après, ce seront de grosses retrouvailles contre le Cameroun. Ça ne sera pas un match facile malgré tous les problèmes qu’ils traversent en ce moment. Parce qu'ils vont vouloir faire tomber la Côte d'Ivoire plus que n'importe quelle autre équipe. Et après on aura le Gabon qu'on connaît très bien. Ils nous ont fatigués tout au long des éliminatoires pour la Coupe du monde, je pense qu'ils vont encore vouloir nous fatiguer aussi. C'est une bonne équipe avec de bons joueurs, qui est solide défensivement, qui attaque très vite. Ce sont trois matchs compliqués qui nous attendent. Mais pour nous Ivoiriens, je pense que ce n’est pas plus mal. Ce n’est pas plus mal d'avoir des adversaires coriaces comme ça parce que ça va nous obliger à arriver à cette compétition en étant au summum de notre concentration. Parce qu'on sait qu’on a une équipe qui, parfois, contre certains adversaires, a tendance à un peu se relâcher, donc c'est bien de commencer avec ces équipes parce qu'on va devoir être concentrés. Être meilleurs de nous-mêmes si on veut passer ce premier tour.

Explication sur le retour de Seri Jean-Michaël
Il est revenu à la compétition depuis à peu près un mois et demi. Même si c'est vrai qu'il est monté en puissance, il a commencé sur le banc, il est rentré 10, 15, 20 minutes. Le week-end dernier, il a été titularisé pour la première fois depuis sa blessure contre la Sierra Leone. Donc c'est un joueur qu'on a suivi de très près… Tout le monde connaît aujourd'hui l'importance de Mika, que ce soit sur le terrain ou en dehors du terrain. Et pour nous, à partir du moment où il était opérationnel, il était apte physiquement, c'était évident qu’on le réintègre dans le groupe. On sait qu’il n’est pas à 100% mais je pense que sa présence va beaucoup aider l'équipe à avoir un certain équilibre au niveau du milieu de terrain.

La présence de Willy Boly dans le groupe
Franchement, Willy, je pense que pour se rendre compte de l'importance que Willy a dans le groupe, il faut vraiment vivre de l'intérieur. C’est sûr que si on était 25, on ne l’aurait pas pris. On ne va pas se mentir non plus. C’est vrai qu'on a quatre défenseurs -Agbadou, Diomandé, Kossounou et Evan- qui sont incroyables. On a aussi laissé Akpa à la maison, on a laissé d’autres à la maison mais sincèrement, pour ce que Willy nous apporte dans le groupe, pour nous, en partant à 26, c'était important de le prendre. Que ce soit aux entraînements, que ce soit même en match, même quand il n’est pas sur la feuille de match, il nous apporte tellement que pour nous, c'était une évidence de prendre Willy malgré le fait qu'il n’ait pas le temps de jeu. Comme je l’expliquais, quand on fait un groupe, on essaye de faire un groupe avec de la complémentarité, avec des joueurs qui vont apporter quelque chose au groupe et sincèrement, si je vous invitais à passer une semaine avec nous, si la sélection n’appelait pas Willy Boly, vous-même vous allez me dire que je fais une erreur. Il est trop important pour le groupe.

Choix de Marbella pour la préparation
On a voulu faire une préparation dans un cadre qui avait le maximum de points communs avec ce qu'on allait pouvoir retrouver à Marrakech, et en même temps on ne voulait pas arriver trop vite à Marrakech, non plus. On a choisi Marbella parce qu’il y a souvent des équipes qui vont en préparation là-bas, parce que les conditions le permettent. Je pense que c'est une belle ville où on peut à la fois bien se préparer footballistiquement et à la fois se changer les idées parce que le plus important, c'est d'arriver à Marrakech en étant frais physiquement et mentalement. Je pense que pour cette préparation-là, Marbella était la meilleure place. On est motivés, on est un staff jeune, on a faim de victoires. Donc on va là-bas vraiment avec des ambitions. On va là-bas pour accomplir un travail, on est en mission donc on va tout donner pour accomplir cette mission avec succès.

Le message du sélectionneur aux Ivoiriens
C’est toujours le même message, je ne vais pas innover mais c’est sincère. C’est sincère parce qu’on a besoin de vous. À votre manière, apportez-nous du soutien, de la bienveillance, c’est très important. C’est vrai qu’on ne fait pas tout bien mais on est des êtres humains, on est de jeunes entraîneurs, donc soyez indulgents avec nous de temps en temps. Mais ce qui est sûr, c’est que nous on se bat toujours pour le pays, on se bat toujours pour que la Côte d’Ivoire soit le plus haut possible, et on a besoin de vous, de vos prières, de votre soutien.
Maintenant, si vous ne voulez pas nous soutenir, au moins laissez-nous mais n’envoyez pas des ondes négatives, s’il vous plaît, et avec ça on ira loin. Si tout le monde va dans le même chemin, si tout le monde a le même état d’esprit, si tout le monde apporte sa bienveillance et sa positivité, même si vous n’êtes pas là, vous allez nous aider à aller chercher la 4ᵉ étoile parce que ça va être très difficile. Il y a vraiment beaucoup d’équipes, je ne le dis pas pour me protéger, qui ont un effectif pour prétendre à ce titre. Donc là où on va, c’est la guerre, c’est un combat qui nous attend mais on a besoin de vous, que vous ajoutiez votre pierre à l’édifice et apportiez de la positivité. Maintenant, si on échoue, vous pourrez nous critiquer.

Signature
Propos retranscrit par Guillaume AHOUTOU
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