Le grand maître Coulibaly Siaka, ceinture noire 9e dan, a insisté sur la discipline et l’engagement nécessaires pour réussir cette étape cruciale. « Le plus difficile, ce n’est pas de devenir champion, mais de le rester », a-t-il rappelé aux candidats, appelés à faire preuve de rigueur, notamment en matière de ponctualité et de travail personnel.
Pour lui, cette phase marque « le début des choses sérieuses ». Il a exhorté les pratiquants à s’astreindre à un entraînement quotidien de 30 à 45 minutes ; condition essentielle pour acquérir les automatismes techniques. « Personne n’est né fort. C’est par la répétition que le corps enregistre les mouvements », a-t-il souligné, comparant les athlètes à des diamants qui doivent être polis pour révéler leur valeur.
Au-delà de l’aspect technique, le grand maître a insisté sur l’état d’esprit. Il a appelé les anciens, comme les plus jeunes, à se remettre au travail, rappelant que l’âge ne doit pas être un frein à la progression. « On prend de l’âge mais on ne vieillit pas », a-t-il lancé, invitant chacun à dépasser ses limites.
Cette opération de régularisation répond à un constat préoccupant : depuis plus d’une décennie, de nombreux pratiquants ivoiriens ont accumulé du retard dans la validation de leurs grades internationaux. Certains se retrouvent même avec des élèves plus gradés qu’eux, faute de certification Kukkiwon. Une situation que la Fitkd entend corriger à travers ce vaste programme.
Selon le grand maître Coulibaly Siaka, les dossiers des candidats ont été transmis depuis 2023 à l’académie mondiale, qui a validé leur recevabilité. L’évaluation finale est prévue entre le 4 et le 14 juillet 2026, en présence d’experts internationaux.
Des séances d’entraînement hebdomadaires seront organisées tous les samedis, aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays, avec des formateurs préalablement harmonisés pour assurer une uniformité technique. L’objectif est de permettre à chaque candidat d’atteindre le niveau requis avant le passage de grade.
Le Secrétaire général (Sg) de la Fitkd, Bosson Olivier, a salué l’engagement des stagiaires et les efforts consentis par la Fédération. « C’est un projet ambitieux que nous sommes en train de concrétiser grâce à une collaboration efficace avec le bureau Kukkiwon », a-t-il indiqué, révélant que cette opération a bénéficié de conditions exceptionnelles, notamment une réduction de plus de 90 % des coûts par rapport aux précédentes sessions de régularisation.
Au total, plusieurs centaines de candidats sont concernés, dont une quinzaine pour le 7e dan, 120 pour le 6e dan, 343 pour le 4e dan et 444 pour le 3e dan. Cette mobilisation massive pourrait permettre à la Côte d’Ivoire de renforcer sa position de référence en Afrique en matière de taekwondo, notamment par le nombre de hauts gradés.