Face aux délégations venues de plusieurs pays francophones, le président de l’Ardci a invité les participants à faire de la rencontre d’Abidjan le point de départ d’un véritable « New deal économique francophone des territoires », fondé sur des partenariats durables, des projets concrets et une prospérité partagée au bénéfice des populations. « La francophonie est un espace de stabilité et de croissance. Il nous appartient désormais, ensemble, d’en faire un espace de prospérité partagée », a-t-il souhaité sous les applaudissements de l’assistance.
Aka Aouélé a aussi souligné que les attentes des populations imposent des réponses concrètes aux défis du développement, de l’emploi, de la sécurité alimentaire et de l’inclusion sociale.
Pour lui, le premier enseignement majeur des échanges est que la stabilité se construit avant tout dans les territoires. Il a ainsi fait savoir que les régions et les districts ne sont plus de simples exécutants des politiques publiques mais de véritables acteurs stratégiques de transformation et de résilience.
Le deuxième enseignement, selon lui, met en lumière la nécessité d’une alliance renforcée entre les élus locaux et le secteur privé. « Les élus ont besoin des entreprises pour transformer leurs territoires, et les entreprises ont besoin des élus pour ancrer durablement leurs projets », a-t-il affirmé. Il a notamment insisté sur les opportunités offertes par des secteurs tels que l’agriculture, l’agro-industrie, l’énergie, l’eau, le numérique et l’intelligence artificielle, considérés comme les piliers du développement de demain.
Le troisième enseignement, a-t-il tiré, porte sur le rôle central de la francophonie. Pour le président du Cesec, celle-ci représente bien plus qu’un espace linguistique. Elle constitue, a-t-il relevé, un cadre privilégié de confiance, de solidarité, d’investissements et de coopération entre les territoires des cinq continents. Dans cette dynamique, Eugène Aka Aouélé a salué la future signature de l’accord-cadre de coopération entre l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) et l’Airf, qu’il considère comme l’illustration d’une « francophonie des solutions » tournée vers les résultats concrets. Afin de traduire les réflexions en actions, il a proposé quatre engagements majeurs. Le premier vise la création d’un Observatoire économique des territoires francophones, chargé de suivre les flux d’investissements, d’emplois et de formation.
Le deuxième prévoit l’organisation annuelle d’une ‘’Semaine des solutions économiques francophones’’, destinée à faire émerger des projets territoriaux innovants.
Le troisième engagement concerne l’instauration du ‘’Prix du partenariat économique francophone’’ récompensant les meilleures coopérations entre régions francophones.
Enfin, le quatrième ambitionne de former 10 000 jeunes cadres de la coopération économique francophone à l’horizon 2030, grâce à des programmes certifiants développés avec les universités francophones.
Pour le président de l’Ardci, la réponse à la question posée par le panel est sans équivoque : la francophonie peut être un espace de stabilité et de croissance, à condition que les acteurs passent à l’action. « La stabilité se gagne par l’emploi, l’équité et la confiance. La croissance ne se décrète pas, elle se construit par des investissements bien orientés, des régulations intelligentes et une solidarité active entre territoires », a-t-il déclaré.
Le panel de haut niveau a été animé par Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale (Sg) de la Francophonie, qui a noté que « la Francophonie économique est une réalité ». Avec elle, il y avait Laurent Wauquiez, président de l'Airf et Conseiller spécial de la Région Auvergne-Rhône-Alpes en France. Ce dernier a plaidé pour que les échanges se fassent dans les deux sens.
Était présent également Darko Savic, Conseiller pour les relations économiques internationales de la Province autonome de Voïvodine en Serbie.