First News


Normes de masculinité en Côte d’Ivoire : Ce que révèle une enquête inédite

Listen to this article in audio
01.07.2026
Le chapeau

La Chaire Unesco eau, femmes et pouvoir de décisions (Cuefpod) et son partenaire, l’Organisation de coopération et de développement économique (Ocde), ont présenté, le mardi 30 juin 2026, à l’amphithéâtre A du District, au sein de l’Université Félix Houphouët-Boigny (Ufhb) à Cocody, les résultats de la première Enquête nationale sur les normes de masculinité en Côte d’Ivoire (Emasci), avec le soutien de l'Agence autrichienne de développement (Ada).

Le rapport couvre deux pays (Côte d’Ivoire et le Sénégal), selon des méthodes complémentaires : une enquête nationale représentative auprès de 1 530 ménages dans les 33 régions de Côte d'Ivoire, couvrant 8 zones linguistiques, conduite de septembre à octobre 2025 ; et des données qualitatives au Sénégal, issues d'entretiens approfondis et d'ateliers participatifs. 
Dans les deux pays, une même tendance se confirme : les normes de masculinité s'organisent autour du rôle de principal pourvoyeur financier, de l'exercice de l'autorité et du contrôle, avec des conséquences directes sur l'égalité des chances entre les femmes et les hommes.
« Nous devons passer d'une logique centrée sur la marginalisation des hommes à une logique de transformation relationnelle, où femmes et hommes deviennent ensemble des acteurs du changement. La valorisation des compétences féminines et la promotion d'une masculinité positive doivent aller ensemble. Investir dans l'une sans transformer l'autre limiterait l'impact recherché. Le simple fait d'engager une étude nationale sur les normes de masculinité traduit déjà un changement de paradigme. Cela signifie que nous reconnaissons que les hommes ne constituent pas le problème en eux-mêmes. Ce sont les systèmes de croyance et les normes sociales restrictives qui organisent les rapports sociaux et reproduisent certaines formes d'inégalité. Un éclairage déterminant sur la manière dont les mentalités peuvent encore faire avancer l'égalité des chances entre les femmes et les hommes », a fait savoir Euphrasie Kouassi Yao, Conseillère spéciale du Premier ministre chargée du Genre ; Titulaire de la Chaire Unesco eau, femme et pourvoir de décision (Cuefpod) ; et présidente du Groupe technique consultatif.
Pour la Titulaire de la Cuefpod, aucune transformation durable vers l'égalité des chances ne peut se faire sans l'implication directe des hommes. Cette approche, relationnelle et non oppositionnelle, structure depuis des années les programmes portés par la Cuefpod, notamment le programme de Formation en ingénierie du genre (Fig) ; le Label genre et compétitivité des entreprises ; et le Master en genre, économie et gestion durable de l'eau. « La Côte d'Ivoire est le premier pays à disposer de données quantitatives représentatives au niveau national, sur les normes de la masculinité. Elle est également le premier pays pour lequel l'Indice des masculinités de l'Ocde a été calculé. J'espère que cette expérience inspirera de nombreux autres pays à suivre cette voie », a laissé entendre Hyeshin Park, cheffe de l'Unité genre et développement au Centre de développement de l'Ocde. Celui-ci a révélé que la Côte d'Ivoire affiche le niveau de discrimination de genre le plus bas du continent africain, selon le Sigi 2023 de l'Ocde, devançant le Rwanda, l'Afrique du Sud et des économies avancées telles que le Canada (17,5) et les États-Unis (19,1). 
Au nom de la ministre de la Femme, de la famille et de l’enfant, Nassénéba Touré, Moussa Diarrassouba a procédé à la déclaration officielle de lancement du rapport, avant de formuler le vœu que ce rapport ne soit pas un aboutissement mais un commencement, non pas un document de plus mais un catalyseur de changement, et qu'il parle à chaque Ivoirienne et à chaque Ivoirien.

Signature
M'BRA Konan
Loading...