À l'entendre, les transformations engagées par la Côte d’Ivoire appellent une Assemblée nationale toujours plus efficace. « Notre responsabilité est donc de préparer dès maintenant nos prochaines sessions autour de 5 chantiers très concrets. Le premier chantier sera celui de la formation et de la montée en compétences. Une Assemblée nationale plus efficace, c’est d’abord une Assemblée dont les députés et les personnels disposent des connaissances, des méthodes et des outils nécessaires pour exercer pleinement leurs responsabilités », a-t-il indiqué.
Patrick Achi a annoncé un renforcement au niveau des formations dans les domaines législatif, budgétaire, juridique, linguistique et technologique, mais aussi dans l’évaluation des politiques publiques. « Cette montée en compétences permettra à chaque député de mieux préparer les textes, interroger l’action publique et rendre compte aux citoyens », a-t-il expliqué.
Le deuxième chantier sera celui du partage d’expérience parlementaire en politique publique. Le président de la Chambre basse du Parlement a fait savoir que dans le prolongement de l’ouverture internationale de son Institution, il sera question de donner aux échanges avec les Parlements partenaires, une dimension plus opérationnelle. Cela se fera à travers l’organisation des missions d’études ciblées avec les Parlements de pays modèles ou d’aspiration, pour analyser et rapporter des expériences utiles aux débats. « L’objectif est simple : mieux outiller les députés, enrichir l’examen des politiques publiques et renforcer la contribution de notre Assemblée aux avancées de notre pays », a-t-il relevé.
Le troisième chantier, à l'écouter, sera celui du débat public et de la réflexion parlementaire. « Nous souhaitons faire de l’Assemblée nationale un lieu vivant d’échanges sur les grandes priorités du pays. C’est dans cet esprit que nous travaillons à la mise en place de conférences périodiques, ‘’Les
Rendez-vous de la Rotonde’’, qui permettront de réunir parlementaires, experts, administrations, acteurs économiques ou universitaires, élus locaux et société civile autour de grandes thématiques de politiques publiques », a proposé Patrick Achi.
Quant au quatrième chantier, il sera celui de la modernisation numérique. Le président de l’Assemblée nationale souhaite faire avancer concrètement son Institution sur le plan digital, avec des micros individuels et des pupitres de vote électronique, l'identification numérique, le déploiement progressif de tablettes, la formation aux nouveaux outils y compris l’intelligence artificielle et un travail de plus en plus fréquent sur support numérique, afin d’améliorer la productivité et d’amorcer avec pragmatisme la transition vers le zéro papier. « Nous poursuivrons également le développement d’outils permettant de mieux animer nos débats et rendre compte aux citoyens, en mettant à profit notamment les canaux digitaux », a-t-il déclaré.
Le cinquième chantier concernera les infrastructures et le patrimoine. « Les conditions de travail des députés et des fonctionnaires parlementaires rappellent la nécessité d’engager, avec méthode et responsabilité, l’adaptation progressive de notre environnement de travail aux impératifs d’un Parlement moderne », a-t-il soutenu.
« Exigence républicaine »
A l'entendre, « l’ensemble de ces cinq chantiers répond à une véritable exigence républicaine. Car, donner vie à cette ‘’Grande Assemblée nationale’’, c’est mieux servir notre Constitution, nos concitoyens et les grandes transformations du pays ».
Pour lui, il faut continuer l’œuvre, garder le cap, porter la fierté nationale. Et cette première session ordinaire marque un point de départ. « Les premières pierres ont été posées. À nous désormais de continuer à bâtir l’édifice », a souligné Patrick Achi.
Pour lui, la clôture de cette session ne signifie pas l’arrêt de l'activité parlementaire. Il a affirmé qu'elle ouvre au contraire une nouvelle séquence, faite du retour vers les populations, de l’écoute et de la pédagogie des lois adoptées. « Au cours de cette période d’intersession, nous conduirons des visites de terrain pilotées par les vice-présidents de notre Assemblée. Elles auront trois objectifs simples : dialoguer avec les citoyens, soutenir les députés dans leur mission de proximité et expliquer les lois votées au cours de cette session », a encore annoncé le président Patrick Achi, précisant que cela s'appellera « l’Assemblée nationale hors les murs ». « Car notre Assemblée ne vit pas seulement dans cet hémicycle. Elle vit aussi dans les villes, les villages, les quartiers, les marchés, partout où les populations attendent de leurs élus présence, écoute et redevabilité. Des documents de synthèse seront mis à votre disposition afin de permettre une restitution claire, pertinente et accessible aux populations », a-t-il déclaré. Ajoutant : « Une loi mieux comprise est une loi mieux acceptée. Une loi mieux expliquée est une loi plus utile. Et une Assemblée qui retourne vers les citoyens est une Assemblée qui renforce la confiance démocratique ».
Priorités
Au cours de la première session, l'Assemblée nationale a examiné et adopté 27 projets de loi, dont 26 à l’unanimité, au cours de 7 séances plénières ayant réuni en moyenne près de 90 % des députés. « Le travail législatif de notre session peut se lire autour de 5 priorités clés. La première, c’est préparer l’avenir. L’adoption du Plan national de développement (Pnd) 2026-2030 constitue l’acte majeur de cette session. Il inscrit l’action publique dans le temps long, autour d’une ambition nationale claire : accélérer la transformation structurelle de notre économie, renforcer notre souveraineté économique et alimentaire, développer nos infrastructures, améliorer le capital humain et consolider la cohésion sociale », a indiqué Patrick Achi.
La deuxième priorité, c’est protéger et inclure.
La troisième priorité vise à sécuriser la terre et moderniser l'agriculture.
La quatrième priorité consiste à soutenir l’économie réelle.
Et la cinquième priorité est le renforcement de la souveraineté et l'intégration du pays. Pour les réaliser, l'Assemblée nationale épluchera plusieurs textes relatifs à chaque secteur mis en priorité.
Le Premier ministre, Robert Beugué Mambé, représentait le président de la République, Alassane Ouattara, à la cérémonie.