L’annonce de la dissolution de la Commission électorale indépendante (Cei), le mercredi 6 mai 2026, a aussitôt suscité de nombreuses propositions de toutes les parties pour définir ensemble le nouveau mécanisme en charge des élections. Notamment les évêques catholiques qui ont formulé, le vendredi 29 mai 2026, des propositions portant, entre autres, sur l’organisation d’un dialogue. A ces aspirations diverses exprimées, le gouvernement prête une oreille attentive. C’est l’assurance donnée par le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly dit Am’s, à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 3 mai 2026, au Palais présidentiel, au Plateau. « Nous avons, ici, expliqué qu'un nouveau mécanisme d'organisation des élections était en train d'être mis en place. Vous comprenez qu'il est un peu trop tôt de se prononcer sur ce mécanisme qui sera mis en place. Mais ce que nous avons indiqué, c'est la volonté du gouvernement pour que ce mécanisme rassure tous les citoyens, tous les acteurs de la vie politique. Donc la préoccupation de l'Eglise catholique est prise en compte par le gouvernement qui, dès le début, dès l'annonce même de la mise en place de ce nouveau mécanisme, a indiqué l'axe : que ce soit un mécanisme qui rassure tous les acteurs. Donc c'est dans cette voie que nous sommes engagés », a indiqué Amadou Coulibaly, lors de la conférence de presse qui a sanctionné ce Conseil présidé par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Et d’ajouter : « Une fois que le mécanisme aura été donc adopté, les Ivoiriens en seront informés. Mais je peux vous assurer que nous ne nous écarterons pas de cette ferme volonté de rassurer tous les citoyens et tous les acteurs de la vie politique ».
S’agissant de la Révision de la liste électorale (Rle), qui avait été annoncée après la présidentielle de 2025 et pour laquelle des fonds auraient déjà été décaissés, Amadou Coulibaly a rassuré : « Une fois que le nouveau mécanisme aura été adopté, conformément au texte, il y a une révision de la liste électorale qui doit être organisée ». « Le nouveau mécanisme organisera cette révision de la liste électorale. Ce, d'autant plus qu'il n'y a pas de question de moyens à ce niveau-là. Donc il faut juste attendre que le mécanisme soit mis en place, et le processus électoral se poursuivra tel qu'il est prévu, avec notamment l'organisation, si besoin est, d'une révision de la liste électorale », a-t-il déclaré.
Il a expliqué, en ce qui concerne le traitement des personnels de l’ancien organe en charge des élections (ex-Cei, Ndlr), que des mesures transitoires sont prévues. « Donc si la dissolution est intervenue en plein milieu du mois, c'est sûr que les mesures transitoires permettront d'évacuer tout ce qui est en cours. Vous pensez aux travailleurs mais il y a aussi tous les acteurs, notamment les fournisseurs qui sont en attente de paiement. Donc les dispositions transitoires qui interviennent, chaque fois qu'il y a une dissolution, permettront d'évacuer tout ce passif », a éclairci le ministre.
Améliorer le cadre de vie
Au nombre des points discutés par le gouvernement, Amadou Coulibaly a évoqué une communication sur les dysfonctionnements constatés dans la gestion des ordures ménagères dans le District d’Abidjan, ces dernières semaines. « Des instructions à l'issue de cette communication ont été données pour que tous les dysfonctionnements qui ont conduit à cette situation regrettable soient corrigés afin qu'elle ne se reproduise plus. Le chef de l'État, qui suit personnellement cette situation, a instruit monsieur le Premier ministre à l'effet de lui faire un compte-rendu régulier de l'évolution de ce dossier », a-t-il appris.
Il a expliqué que cette situation n’induit pas la remise en question du partenariat entre l’Etat et des entreprises publiques pour la gestion des déchets ménagers. « Des instructions ont été données, des mesures seront prises pour que pareil dysfonctionnement ne se reproduise plus. Donc il n’y a pas de raison, à ce stade, de remettre en cause le système qui est en place et qui fonctionne assez bien », a précisé le ministre Amadou Coulibaly.
Dans la même veine, il a rassuré les Ivoiriens quant aux opérations de déguerpissement engagées dans le district autonome d’Abidjan. A le suivre, ces opérations s’inscrivent dans une volonté du gouvernement ivoirien de lutter contre le désordre urbain et d’offrir un cadre de vie salubre et sain aux populations. D’autant que, a-t-il relevé, des dispositions sont prises pour la prise en charge des populations déguerpies. « Il y a une volonté du District de mettre de l'ordre dans nos villes, et c'est ce que le District est en train de faire. Ces personnes occupent le domaine public, et les textes sont clairs : toute occupation du domaine public est précaire, et à tout moment -c'est l'application pure et stricte des textes- on peut vous demander de quitter les lieux que vous occupez. Ceci étant, ce sont des vies qui sont impactées, ce sont des familles qui, parfois, se retrouvent à la rue, cela est déplorable mais n'oubliez pas que l'un des premiers objectifs de ces déguerpissement, c'était de sauver des vies déjà. C'est un des objectifs premiers. Au-delà de la question de rétablir l'ordre urbain, il y avait déjà la volonté de sauver des vies », a souligné le porte-parole du gouvernement, qui a appelé les populations concernées et, au-delà, celles de tout le District d’Abidjan, à accompagner cette dynamique par la discipline. « Il faut que nos populations le comprennent. Nous n'avons aucun intérêt à vouloir les brimer, à vouloir les faire souffrir. Il n'y a aucun intérêt pour un régime à imposer des souffrances à ses populations. Au contraire, nous sommes là pour pouvoir justement leur permettre de vivre décemment, de sortir de ces situations d'insalubrité propices à la propagation de maladies, pour que nous ayons une ville où, globalement, il fait bon vivre pour tout le monde », a indiqué le ministre.
Cette réunion a été le lieu pour le gouvernement d’adopter une communication sur la présentation d’un document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2027-2029. A en croire Amadou Coulibaly, ce document prévoit, sur la période 2027-2029, une politique budgétaire de l'État marquée notamment par la poursuite du renforcement de la capacité de mobilisation des recettes intérieures, à travers la mise en œuvre de la stratégie nationale de mobilisation des recettes à moyen terme 2024-2028, la consolidation, la rationalisation des dépenses publiques, la maîtrise de l'endettement public, le renforcement des dépenses d'investissement structurant et la lutte contre la pauvreté. « Ainsi, le projet de budget de l'État pour l'année 2027 enregistrerait une hausse de 6,4 % pour s'établir à 18 466,1 milliards de F Cfa contre 17 350,2 milliards de F Cfa en 2026. Ce niveau devrait continuer à croître pour atteindre 20 485,3 milliards de F Cfa en 2028 et 22 315,8 milliards de F Cfa en 2029 », a-t-il fait savoir.