First News


Organisation du 12ᵉ congrès électif de l’Unjci : Amos Béonaho (Pdt du comité ad hoc) : « Notre objectif est d’organiser une élection acceptée »

Ecouter cet article en audio
Publié il y'a 5 heures
Amos Béonaho a lancé un appel aux journalistes à préserver la confraternité à la veille du congrès.
Amos Béonaho a lancé un appel aux journalistes à préserver la confraternité à la veille du congrès.
05.06.2026
Le chapeau

A la veille du 12ᵉ congrès électif de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci), prévu ces samedi 6 et dimanche 7 juin 2026 à la Maison de la presse d’Abidjan (Mpa), au Plateau, le président exécutif et porte-parole du comité ad hoc chargé de l’organisation, Amos Béonaho, situe dans cette interview l’enjeu de l’élection du président de la faîtière des journalistes de Côte d’Ivoire.

 

Dans quel état d’esprit avez-vous pris les rênes du comité ad hoc, installé dans un contexte de tension et de crise institutionnelle, et quel diagnostic faites-vous aujourd’hui ?
Amos Béonaho : Nous avons pris cette responsabilité avec beaucoup d’humilité mais aussi avec un profond sens du devoir. Lorsque le comité ad hoc a été mis en place, l’Unjci traversait objectivement l’une des périodes les plus complexes de son histoire récente : tensions institutionnelles, perte de confiance, incompréhensions, procédures judiciaires, crispation entre acteurs. Notre état d’esprit a été simple : apaiser, écouter, reconstruire et organiser. Aujourd’hui, notre diagnostic est plus encourageant. Nous ne prétendons pas avoir tout résolu. Mais nous pouvons dire que nous sommes progressivement passés d’une logique de confrontation vers une logique de dialogue ; d’une crise institutionnelle ouverte vers un processus électoral organisé. C’est déjà une évolution importante.

Certains confrères évoquaient une rupture profonde de confiance. Comment avez-vous tenté de réparer cela ?
La confiance ne se décrète pas. Elle se reconstruit. Nous avons donc privilégié les consultations permanentes, les rencontres individuelles, les médiations discrètes, l’écoute des sensibilités diverses, le dialogue avec les candidats, l’implication des anciens et des acteurs institutionnels. Nous avons accepté d’écouter même les critiques les plus sévères. Parce qu’une organisation professionnelle se reconstruit rarement sans dialogue. Notre conviction demeure : l’Unjci ne peut pas fonctionner durablement sans confraternité.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées ?
La principale difficulté était probablement le facteur humain. Lorsqu’une crise dure longtemps, les frustrations s’accumulent, les interprétations divergent, les positions se radicalisent. Nous avons aussi dû gérer les contraintes juridiques, les contraintes de temps, les contraintes financières, les attentes très fortes des membres. Mais malgré cela, le comité ad hoc a continué à travailler. Et je tiens à saluer ici l’engagement de tous ses membres.

Le congrès débute bientôt. Peut-on être rassuré sur l’état d’avancement des préparatifs ?
Oui. Nous abordons désormais la phase finale. Aujourd’hui, le chronogramme est établi, les candidatures sont stabilisées, les listes électorales sont traitées, les mécanismes électoraux sont finalisés, le dispositif organisationnel est opérationnel, les Commissions techniques sont mobilisées. Nous restons concentrés, car un congrès ne se réussit jamais avant son ouverture. Mais nous sommes confiants.

Beaucoup s’interrogent sur la transparence du scrutin. Quelles garanties apportez-vous ?
La crédibilité du processus constitue notre priorité absolue. Nous avons donc travaillé autour de plusieurs principes : transparence, neutralité, traçabilité, inclusion. Concrètement : publication des listes, mécanisme de contentieux, validation progressive, dispositif électoral clarifié, Code de bonne conduite, implication des différentes parties. Notre objectif n’est pas seulement d’organiser une élection. Notre objectif est d’organiser une élection acceptée.

Le consensus est-il désormais trouvé sur les critères d’éligibilité ?
Nous avons travaillé pour réduire au maximum les zones d’ambiguïté. Beaucoup d’efforts ont été faits. Des discussions approfondies ont été conduites. Des arbitrages ont parfois été nécessaires. Aujourd’hui, nous avançons avec un cadre clarifié et connu. L’essentiel maintenant est de permettre à la corporation de s’exprimer sereinement.

Avez-vous réussi à maintenir le dialogue avec toutes les parties ?
Oui. Et c’est probablement l’un des acquis majeurs du Comité ad hoc. Aujourd’hui, nous avons dialogué avec les différentes sensibilités. Nous avons rencontré les candidats. Nous avons multiplié les consultations. Nous avons créé des espaces d’échanges. Nous arrivons aujourd’hui avec deux listes définitivement engagées : celle conduite par madame Marie Laure N’Goran et celle conduite par monsieur Stéphane Bahi. Cela signifie que le débat démocratique existe. Et c’est sain.

Quel message adressez-vous aux journalistes à quelques jours du congrès ?
Je voudrais lancer un appel simple. Les 6 et 7 juin ne doivent pas être uniquement des dates électorales. Elles doivent être un moment de reconstruction, un moment de rassemblement, un moment de réconciliation professionnelle. Nous pouvons avoir des sensibilités différentes, des candidats différents, des visions différentes. Mais nous avons une seule organisation, une seule corporation, une seule maison commune. J’invite donc tous les journalistes à venir massivement, à participer, à voter et surtout à préserver la confraternité.

Quel bilan personnel faites-vous de cette mission ?
Je retiens surtout une leçon : les institutions professionnelles survivent lorsqu’il existe encore des femmes et des hommes prêts à faire passer l’intérêt collectif avant leurs positions personnelles. Le comité ad hoc n’a pas prétendu être parfait. Mais nous avons essayé d’écouter, de rapprocher, de reconstruire, d’organiser. Et si au soir du congrès l’Unjci ressort plus forte, alors les sacrifices consentis auront eu du sens.

Pourquoi avoir choisi comme thème : ‘’Reconstruction et Rassemblement’’ ?
Parce que ce thème résume exactement notre réalité. Nous sortons d’une crise. Après une crise, on reconstruit. Et lorsqu’une organisation a été divisée, on rassemble. Ce thème n’est donc pas un slogan. C’est une orientation. Une responsabilité. Et une ambition collective.

Signature
Propos recueillis par DIARRA Tiémoko
Mots-clés associés à l'article
En cours de chargement...