A l’ouverture, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a souligné que la tenue de ces assises à Abidjan témoigne de l’engagement commun des États de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (Cedeao) à préserver l’intégrité des systèmes financiers et à renforcer la sécurité économique de l’espace communautaire. Il a rappelé que le contexte international, marqué par des tensions sécuritaires, l’instabilité économique et la sophistication de la criminalité transnationale organisée, rend la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive plus urgente que jamais. « Ces menaces fragilisent les institutions, alimentent l’insécurité et privent nos États de ressources essentielles au financement des infrastructures et des politiques sociales », a-t-il déclaré. Le chef du gouvernement ivoirien a salué le rôle du Giaba comme Centre d’expertise technique et instrument de prévention des risques systémiques.
Il a également mis en avant les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire, qui a atteint un niveau élevé de conformité technique aux normes du Groupe d’action financière avec 39 recommandations validées sur 40.
Sous l’impulsion du président Alassane Ouattara, la bonne gouvernance financière et la transparence économique figurent parmi les priorités stratégiques du gouvernement.
De son côté, le ministre de l’Économie, des finances et du budget, Adama Coulibaly, a insisté sur la nécessité d’une réponse régionale et internationale coordonnée. Pour lui, le Giaba reste un acteur clé pour renforcer les capacités des États membres et accompagner les réformes nationales. Il a réaffirmé la détermination de la Côte d’Ivoire à poursuivre la lutte contre la criminalité financière sous toutes ses formes, notamment en consolidant les acquis et en visant la sortie du pays de la liste grise. « Nos équipes opérationnelles restent pleinement engagées pour l’atteinte de ces objectifs », a-t-il assuré.
Les deux intervenants ont convergé sur un point : la lutte contre la criminalité financière ne peut reposer uniquement sur les gouvernements et les institutions financières. Elle exige l’implication du secteur privé, de la société civile et des partenaires internationaux, dans un esprit de responsabilité partagée.
La 31ᵉ session du Comité ministériel du Giaba est ainsi présentée comme une étape essentielle pour dégager des orientations politiques fortes et des actions concrètes afin de sécuriser durablement l’espace économique ouest-africain.