« Derrière chaque sac de cacao inventorié non enlevé, il y a des producteurs qui ne peuvent pas se soigner, qui ne peuvent pas soigner leurs enfants, qui ne peuvent pas soigner leurs femmes. Ce sont des producteurs qui ne peuvent pas scolariser leurs enfants pour la rentrée scolaire prochaine, qui ne peuvent pas gérer les dépenses élémentaires quotidiennes », a expliqué Takry Stéphane, le porte-parole du Collectif des producteurs et acheteurs de Côte d’Ivoire.
Il a saisi l’occasion pour solliciter l’appui du président ivoirien afin de faire pression sur le Ccc pour qu’il se penche sur la situation des producteurs. « Connaissant le président Alassane Ouattara, nous savons qu’il a décaissé de l’argent, 291 milliards de F Cfa, pour enlever le stock résiduel, et c’est connu de tous. Nous ne comprenons pas pourquoi ça tarde. Nous demandons donc au président de voir la question pour que le Conseil café-cacao et l’Oia (Organisation interprofessionnelle agricole) enlèvent le stock résiduel qui a été inventorié par eux-mêmes », a-t-il plaidé.
Le porte-parole des producteurs a soutenu que le gouvernement de Côte d’Ivoire doit mettre en priorité la résolution de ce problème avant l’ouverture de la prochaine campagne café-cacao, pour éviter une forclusion du stock pour lequel il fait le plaidoyer. Et aussi pour éviter la dégradation de la qualité du cacao qui, à l’en croire, pourrait ternir l’image de la Côte d’Ivoire au plan international.
Réagissant au nom des chefs traditionnels fortement représentés à cette rencontre, Koffi Diby, chef central de la ville d’Oumé et représentant de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire (Cnrct), a félicité les producteurs pour le calme avec lequel ils posent leurs préoccupations. Il a rassuré l’assistance sur la démarche de l’institution des chefs traditionnels pour la résolution du problème. Invitant ses interlocuteurs au calme, il a affirmé que la Chambre a rencontré les autorités compétentes qui ont donné des assurances.
Au cours de la cérémonie, plusieurs producteurs ont témoigné des souffrances qu’ils vivent dans les villages par rapport à cette situation.