First News


Filière café-cacao: Des producteurs réunis à Aniassué réclament la dissolution du collège des producteurs de l’OIA

Ecouter cet article en audio
Publié il y'a 22 heures
25.05.2026
Le chapeau

Réunis le mercredi 20 mai 2026 à Aniassué, dans la région de l’Indénié-Djuablin, des producteurs de café-cacao, sous la conduite du Syndicat national des acteurs de la filière vivrière de Côte d’Ivoire (Synavici), ont appelé à la dissolution du collège des producteurs de l’Organisation interprofessionnelle agricole (Oia) café-cacao. À travers une motion adressée au président de la République et lue par leur président, Sanou Moussa, ils dénoncent une gestion qu’ils jugent contraire aux intérêts des producteurs.

Dans leur déclaration, les producteurs estiment que le collège des producteurs, censé défendre leurs intérêts et assurer leur représentation auprès des autorités, ne remplit plus sa mission. Ils reprochent notamment à cette structure de ne pas être représentative de l’ensemble des producteurs, affirmant que plusieurs délégués et administrateurs ne sont pas eux-mêmes producteurs.

Les signataires de la motion dénoncent également la gestion des quotas issus du stock résiduel de cacao mis à disposition par le gouvernement pour soutenir les producteurs confrontés à la crise de commercialisation. Selon eux, plus de 60 % des 100 000 tonnes de stock auraient été attribuées au collège des producteurs sans qu’aucun bilan officiel n’ait été présenté à la base.

Ils accusent par ailleurs certains responsables d’avoir redistribué ces quotas à des coopératives non inventoriées par le Conseil du Café-Cacao, tout en excluant volontairement 614 coopératives bénéficiaires de la dernière liste officielle. Une situation qui aurait aggravé les difficultés financières de nombreuses coopératives déjà fragilisées par la crise.

Au cours du rassemblement, le président du Synavici, Sanou Moussa, a vivement critiqué certaines pratiques qu’il qualifie de « rançonnement » des coopératives. Selon lui, des délégués et administrateurs auraient exigé entre 200 et 500 Fcfa par kilogramme avant d’autoriser le déchargement du cacao.

Revenant sur la crise de commercialisation du cacao survenue après l’annonce du prix garanti de 2 800 Fcfa le kilogramme pour la campagne 2025-2026, Sanou Moussa a rappelé que l’État avait mobilisé une enveloppe de 291 milliards de Fcfa afin de soutenir les producteurs à travers l’enlèvement des stocks résiduels. Il a toutefois regretté que cette opération ait, selon lui, davantage profité à « un groupe d’hommes d’affaires déguisés en producteurs » qu’aux véritables coopératives inventoriées.

Face à cette situation, les producteurs réunis à Aniassué demandent au chef de l’État de ne pas signer le décret d’application de l’actuelle organisation du collège des producteurs. Ils réclament plutôt l’organisation de nouvelles élections afin de désigner des représentants « véritablement engagés dans la défense des producteurs ».

Sanou Moussa a également annoncé le lancement prochain d’une pétition nationale visant à obtenir la suspension du décret d’application de l’Oiassw café-cacao et la réforme du collège des producteurs. Il a par ailleurs invité les producteurs à continuer de faire confiance au gouvernement et au Conseil du Café-Cacao pour trouver des solutions durables à la crise que traverse la filière.

Signature
Marina NOUAN
Mots-clés associés à l'article
En cours de chargement...