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Faible engagement politique des jeunes : Innocent Gnelbin (Pdt Force aux peuples) décrypte et interpelle les acteurs de l’opposition

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Publié il y'a 22 heures
07.07.2026
Le chapeau

Dans cette contribution, dont copie nous est parvenue, lundi 6 juillet 2026, le président de Force aux peuples (Fap), Innocent Gnelbin, a porté un regard sur la participation des jeunes à la vie politique. 

Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette participation des jeunes jugée faible par certains observateurs de la vie sociopolitique. Notamment le contexte qui a évolué depuis les années 1990, où les grandes mobilisations politiques étaient vives. « Son rapport à la politique s'est construit dans un contexte où les discours sur la stabilité, la reconstruction, la croissance économique et la recherche d'opportunités ont progressivement occupé une place centrale. Parallèlement, elle a grandi dans un monde profondément transformé par Internet, les réseaux sociaux, l'économie numérique, l'intelligence artificielle et une concurrence économique de plus en plus intense. Son quotidien est marqué par le chômage, la précarité, l'importance du secteur informel, les difficultés d'accès au financement, mais aussi par une forte aspiration à réussir, à innover, à entreprendre et à construire une vie digne. Dans ces conditions, il serait surprenant que cette génération entretienne le même rapport à la politique que celles qui l'ont précédée », relève M. Gnelbin
A le suivre, une grande partie des jeunes, à ce jour, préoccupés par l’amélioration de leurs conditions de vie, n’y voient qu’une issue, en l’occurrence le pouvoir financier : obtenir un emploi, accéder à un financement, décrocher un marché, intégrer un réseau d'influence ou lancer une activité génératrice de revenus. « Que cette perception corresponde entièrement ou non à la réalité importe moins que son effet politique. Lorsqu'elle s'installe durablement dans les esprits, elle influence les comportements, les attentes et les choix d'engagement », reconnaît-t-il, avant d’ajouter : « Lorsque l'accès à l'emploi, au crédit, aux marchés ou aux opportunités dépend, ou est perçu comme dépendant, de la proximité avec le pouvoir, l'engagement politique risque progressivement de devenir moins un choix de conviction qu'une stratégie de sécurisation de son avenir ».
L’essayiste en appelle donc à la responsabilité de tous les acteurs politiques à faire évoluer cette situation et à impliquer davantage les jeunes dans la prise des décisions qui impactent la vie de la nation. Il invite particulièrement l’opposition politique à « produire un imaginaire alternatif suffisamment puissant pour susciter l'adhésion » des jeunes et les amener à s’engager autour d’idéaux véritables. « Nous avons souvent cru qu'il suffisait de dénoncer les injustices pour mobiliser. Nous avons parfois remplacé la formation politique par l'indignation permanente. Nous avons parfois privilégié les rivalités de leadership au détriment de la construction d'un véritable projet collectif. Nous avons progressivement abandonné les espaces de formation idéologique, d'éducation citoyenne et de réflexion stratégique qui formaient autrefois des militants conscients et capables de convaincre autour d'eux. La jeunesse n'attend pas seulement des discours de dénonciation. Elle attend une vision », se convainc l’ancien candidat déclaré à la présidentielle d’octobre 2025, Innocent Gnelbin. 
A l’entendre, la reconstruction de l'opposition au-delà des alliances électorales, des candidatures ou des meetings, passera d'abord par « la reconstruction d'une pensée politique, d'une méthode de formation, d'un récit national et d'un projet de société capable de faire rêver, mais aussi d'apporter des réponses crédibles aux défis de l'emploi, de l'industrialisation, de l'innovation, de la souveraineté économique et de la prospérité partagée ». « Le véritable défi de notre génération n'est pas seulement de conquérir le pouvoir. Il est de reconstruire un projet national dans lequel la jeunesse retrouvera une raison de croire, une raison de créer, une raison d'innover et une raison de s'engager. L'avenir de la Côte d'Ivoire ne se décidera pas uniquement dans les urnes.  Il se décidera d'abord dans les consciences. (…) La jeunesse ivoirienne n'est pas perdue. Elle est au cœur d'une bataille décisive pour l'avenir de notre nation », souligne Innocent Gnelbin. 

Signature
Alassane SANOU
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