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Situation politique/ Arrestation de Soumaïla Brédoumy, poursuites contre Thiam/ Amadou Coulibaly (Porte-parole du gouvernement) : « La justice fera son travail »

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Publié il y'a 1 mois
04.12.2025
Le chapeau

Le Conseil des ministres s’est réuni, le mercredi 3 décembre 2025, au Palais de la présidence de la République, au Plateau, sous la présidence du chef de l’Etat, Alassane Ouattara. De 11 h à 14 h 30, le gouvernement a étudié 42 points dont 36 mesures générales comprenant 4 projets de loi et d’ordonnance, 34 projets de décret, 4 mesures individuelles, et a entendu 6 communications.

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly dit Am’s, en conférence de presse post Conseil au Plateau, s’est prononcé sur l’actualité sociopolitique en Côte d’Ivoire, dont celle concernant l’arrestation du porte-parole principal du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda), le député de Kokomien-Tankessé-Tienkoikro, Kouassi Brédoumy Soumaïla Traoré. A entendre le porte-parole du gouvernement, la justice ira jusqu’au terme de la procédure engagée. « La justice fait son travail, elle fera son travail. Si tant il est que la justice a ouvert une procédure, la procédure va se poursuivre. A l’état actuel des choses, je ne peux pas vous répondre. Je ne sais pas les différentes procédures qui sont ouvertes contre les différents individus qui, a un moment donné, ont lancé des appels qui peuvent être assimilés à des appels à l’insurrection ou au renversement du régime, et à tous les chefs d’accusation qui ont été annoncés dans le cadre des différentes procédures qui sont ouvertes », a indiqué Amadou Coulibaly. 

Parlant du cas Tidjane Thiam, qui continue de résider à l’étranger après plusieurs mois, le membre du gouvernement a affirmé : « En la matière, il n’y a pas de décision ».
Le ministre de la Communication a commenté la situation des réfugiés burkinabè et maliens dans le Nord ivoirien. Selon lui, le gouvernement ivoirien met tout en œuvre pour que ces réfugiés soient dans de bonnes conditions de vie et de séjour. « L’essentiel des réfugiés, des 80 000 dont vous parlez, venait du Burkina. Aujourd’hui même, si au Burkina la tendance commence à être au ralenti, nous commençons à recevoir des réfugiés qui nous viennent du Mali. Evidemment, la Côte d’Ivoire, dans sa tradition de terre d’accueil, prend toutes les dispositions pour accueillir ces réfugiés et faire en sorte qu’ils puissent vivre dans des conditions décentes », a-t-il indiqué. Ajoutant que cela s’est fait au début de la crise avec les réfugiés qui venaient du Burkina Faso. « Ces personnes sont accueillies dans des familles mais en fonction du flux, l’Etat prendra des dispositions, comme nous l’avons fait dans le Nord-Est pour ceux qui viennent du Burkina, pour pouvoir recevoir ce flux de réfugiés », a-t-il fait savoir. Et de révéler que les réfugiés ghanéens dans le Nord-Est sont retournés dans leur pays. 

Vague de suicides
La question des suicides récurrents en Côte d’Ivoire, en général, et au sein de la Maréchaussée, en particulier, préoccupe le gouvernement. C’est ce qu’a confié son porte-parole, Amadou Coulibaly. Une enquête est en cours relativement au décès du commandant de la Brigade de gendarmerie de Fresco, il y a quelques jours. Le sous-officier supérieur de gendarmerie se serait tiré une balle dans la tête. « En ce qui concerne le commandant de Brigade de Fresco, les enquêtes sont en cours pour savoir exactement ce qui s’est passé. Je crois qu’il ne faut pas toujours qu’on tire des conclusions hâtives lorsqu’il y a ce genre d’événement », a-t-il souligné. Appelant à faire confiance à l’Etat de Côte d’Ivoire. « On a eu des cas pareillement de présumé suicide d’un étudiant. Il s’est avéré qu’il n’était pas évident que ce soit un suicide, il y a quelques années de cela. Les enquêtes sont en cours, on va définir véritablement les conditions des décès, et à ce moment-là on pourra se prononcer dessus », a-t-il soutenu.
Amadou Coulibaly a rappelé qu’une politique de gestion de la santé mentale est mise en œuvre par le ministère de la Santé, de l’hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, pour mieux encadrer ces questions. « Le gouvernement, vous le voyez bien, se penche sur cette pathologie qui n’est pas connue, qui est silencieuse. Et donc c’est une vraie préoccupation. C’est pour cela que nous avons mis en place une politique concernant la santé mentale », a-t-il fait valoir. Il a donné une piste quant aux raisons de ces suicides en Côte d’Ivoire. « N’oubliez pas que je vous ai dit ici que nous sommes sortis quand même d’une crise dont personne ne peut imaginer encore à ce jour l’impact sur la psychologie de la population, des Ivoiriens. La crise de 2010 a laissé des traces dans notre conscient et notre subconscient. Et tout cela peut conduire, non seulement -peut-être, ce sont les psychologues et les sociologues qui pourront nous le dire- à l’explosion de violence que nous connaissons de temps en temps dans notre pays, mais également peut-être à cette situation de suicide », a-t-il laissé entendre. « Donc c’est une vraie question qu’il faut se poser. Là-dessus, le fait que le ministère de la Santé ait pris cette question à bras le corps avec sa politique de santé mentale, montre bien que le gouvernement est préoccupé », a-t-il ajouté, s’étonnant que de telles situations arrivent dans un pays comme la Côte d’Ivoire, présentée comme un pays joyeux. « C’est quand même paradoxal avec certaines études qui montrent que notre pays est le plus joyeux. Vous voyez le contraste qui peut exister entre ce phénomène et puis ces statistiques qui font de notre pays un pays où les populations sont en général joyeuses. C’est une préoccupation, et nous en prenons compte », a-t-il reconnu.
Faut-il le relever, le porte-parole du gouvernement a insisté sur la campagne de sensibilisation visant à faire revenir au pays les étudiants en fin de cycle dans des universités à l’étranger. 
Il n’a pas authentifié les images qui circulent sur les réseaux sociaux, montrant une réunion du bureau du mouvement de libération de l’Azawad en Côte d’Ivoire. « Ces images n’ont pas été authentifiées par nos services. Beaucoup ont prétendu que c’était en Côte d’Ivoire. Vous savez très bien qu’avec les images, on peut tout avoir… Pour le moment, nos services n’ont pas indiqué que ce bureau existait ici en Côte d’Ivoire… C’est juste des supputations. Nous n’authentifions pas ces images comme étant en Côte d’Ivoire », a assuré le ministre de la Communication, appelant à un usage sain des réseaux sociaux.


 

Signature
Hervé KPODION
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