Président, après plusieurs journées de compétition de cette 24ᵉ édition des Championnats d’Afrique seniors d’escrime, quel bilan faites-vous de la participation ivoirienne ?
Zadi Gogoua Théodore : Je voudrais d’abord remercier Soir Info pour sa présence et son accompagnement durant cette compétition. Après ces premières journées, le bilan est globalement positif pour la Côte d’Ivoire. En tant que président de la Fédération ivoirienne d’escrime (Fie) et avec mon bureau, nous sommes satisfaits des résultats obtenus jusqu’ici. Malgré nos réalités et les difficultés rencontrées, nos athlètes ont réussi à décrocher trois médailles d’argent. C’est un signe encourageant pour l’avenir.
Quel regard portez-vous sur l’organisation de ce Championnat d’Afrique à domicile ?
Nous ne pouvons pas être totalement satisfaits, car c’est la première fois que la Côte d’Ivoire organise un Championnat d’Afrique seniors d’escrime réunissant l’ensemble des nations du continent. Une telle organisation représente un immense défi. Nous avons connu quelques difficultés, notamment sur le plan financier et logistique, certains moyens nécessaires n’ayant pas encore été entièrement mobilisés. Toutefois, cette première expérience nous permet d’apprendre et nous donne l’espoir de mieux faire lors des prochaines organisations.
Quels sont les principaux enseignements à tirer des prestations des escrimeurs ivoiriens ?
Nous avons beaucoup de choses à améliorer, notamment en matière de préparation et d’exposition à la compétition internationale. Nos athlètes manquent de confrontations de haut niveau, car ils participent encore trop peu aux compétitions mondiales. Pour progresser et rivaliser avec les meilleures nations, il faut multiplier les compétitions et permettre aux escrimeurs d’acquérir davantage d’expérience.
L’un des aspects essentiels que nous devons renforcer est la préparation mentale de nos athlètes. Le talent existe mais la gestion de la pression et l’expérience des grandes compétitions font souvent la différence au plus haut niveau.
Comment appréciez-vous le niveau général de cette 24ᵉ édition ?
Le niveau est très relevé. Nous sommes face à de grandes nations de l’escrime africaine, notamment l’Égypte, le Maroc et d’autres pays du Maghreb, qui disposent de véritables professionnels. Ces pays participent régulièrement aux grands rendez-vous internationaux ; ce qui explique leur avance.
Les performances des athlètes ivoiriens répondent-elles à vos attentes ?
Oui, compte tenu de nos moyens actuels, nous pouvons être satisfaits. Obtenir deux médailles d’argent dans une compétition de ce niveau est déjà une belle performance. Cela démontre qu’il existe un potentiel qu’il faudra continuer à développer.
En quoi cette organisation peut-elle influencer le développement de l’escrime en Côte d’Ivoire
Notre ambition est de populariser davantage l’escrime auprès de la jeunesse ivoirienne. Beaucoup de jeunes connaissent encore très peu cette discipline. En organisant ce championnat à domicile, nous voulons rapprocher l’escrime du grand public et susciter de nouvelles vocations.
Les ambitions de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale, notamment aux Jeux olympiques, sont de quel ordre ?
La Côte d’Ivoire est une jeune nation d’escrime mais elle a déjà participé à plusieurs éditions des Jeux olympiques, notamment en 2016 et en 2024. Notre ambition est de continuer à nous qualifier et, à long terme, de pouvoir rivaliser pour des médailles. Une participation aux Jeux olympiques est déjà une étape importante mais l’objectif ultime reste d’améliorer nos performances.
En vue de rivaliser avec les meilleures nations africaines, quels sont les obstacles majeurs que la Fédération ivoirienne d’escrime doit surmonter ?
Le plus grand défi est celui de la formation. Nous devons former davantage nos athlètes, nos entraîneurs et nos encadreurs techniques. Sans une formation solide et des moyens suffisants, il sera difficile de franchir un cap. Nous faisons beaucoup avec le bénévolat mais l’accompagnement de la tutelle et des partenaires est indispensable.
Quelles initiatives avez-vous mises en place dans ce sens ?
Le Directeur technique national dispose de plusieurs projets, notamment l’introduction de l’escrime dans les établissements scolaires afin de détecter de jeunes talents. Il faut aller vers les jeunes, identifier les meilleurs profils et les accompagner progressivement vers le haut niveau.
Quel message à l’endroit des Ivoiriens ?
Je voudrais remercier l’État de Côte d’Ivoire, la Direction technique, les bénévoles, les partenaires, la presse et tous ceux qui nous soutiennent. Organiser un Championnat d’Afrique et obtenir des médailles dans une discipline aussi exigeante que l’escrime est une satisfaction. Nous appelons les Ivoiriens à continuer de nous soutenir afin que l’escrime puisse grandir et s’imposer davantage dans notre pays.