Hossam Hassan a gagné la bataille des idées
Ce quart de finale s’est joué sur un tableau noir. Et sur ce terrain-là, Hossam Hassan a nettement dominé Emerse Faé. Le sélectionneur égyptien a ciblé la principale arme ivoirienne : les couloirs. Résultat, Amad Diallo et Yan Diomandé, si percutants et brillants habituellement, ont été systématiquement pris à deux, enfermés, asphyxiés. Privée de ses ailes, la Côte d’Ivoire a perdu son souffle.
L’Égypte a volontairement abandonné la possession de la gonfle pour mieux piquer. À la 4e minute, sur une récupération suivie d’une transition rapide, Ashour sert Marmoush pour une ouverture du score glaciale. Le message était clair : les Pharaons n’étaient pas là pour faire le jeu mais pour faire mal.
Des moments de relâchement impardonnables
Les Éléphants ont surtout payé très cher leurs absences mentales. À chaque début de période, ils ont offert le bâton pour se faire battre. Sur le troisième but, inscrit dès la reprise, la défense ivoirienne est coupable d’un relâchement inadmissible. Ashour attaque la profondeur sans être inquiété, avant de servir Mohamed Salah, esseulé, pour le 3-1.
Ce but a brisé psychologiquement la Côte d’Ivoire. À partir de là, l’Égypte a contrôlé, géré, ralenti. Les Éléphants, eux, ont couru après le ballon et après le score sans jamais donner l’impression de pouvoir renverser le match.
Faé Emerse sans solution
C’est sans doute là que le bât blesse le plus. Emerse Faé n’a jamais trouvé la clé pour contrecarrer le plan adverse. Les circuits de passes étaient coupés, le pressing égyptien étouffant, et le cœur du jeu verrouillé. Pourtant, la réponse du banc ivoirien s’est fait attendre.
Plusieurs cadres montraient des signes évidents de fatigue : Franck Kessié, Yan Diomandé, Christ Inao, Guessand. Mais les ajustements sont arrivés tardivement, alors que l’Égypte avait déjà installé son faux rythme et fermé toutes les portes.
Même la réduction du score à la 72e minute (3-2) par Guéla Doué suite à un corner n’a pas changé la physionomie du match. L’Égypte, fidèle à sa réputation, a su ‘’pourrir’’ la fin de rencontre, multipliant les simulations et les arrêts de jeu pour casser toute dynamique ivoirienne.
Les joueurs aussi au banc des accusés
Toutefois, faire d’Emerse Faé l’unique responsable serait trop facile. Les joueurs ivoiriens ont également failli dans l’exécution. Ils n’ont pas respecté la consigne fondamentale : rester concentrés face à une équipe égyptienne experte dans l’art de sanctionner la moindre erreur.
Amad Diallo, malgré son activité, n’a jamais fait la différence. Yan Diomande a été neutralisé. Christ Inao, pourtant brillant depuis le début du tournoi, a été muselé par des prises à deux constantes. Quant à Franck Kessié, diminué, il n’a pas été le leader attendu dans les moments décisifs.
Deux buts encaissés sur des fautes d’attention en début de mi-temps, une rigueur défensive insuffisante, un manque de maîtrise émotionnelle : à ce niveau de la compétition, l’addition se paie cash.
Une élimination qui appelle des choix forts
La défaite fait mal mais elle ne doit pas masquer l’essentiel. Cette Can 2025 a révélé une Côte d’Ivoire jeune, perfectible et prometteuse. Guéla Doué s’est affirmé dans son couloir droit. Christ Inao a incarné la relève au milieu, au point d’être élu homme du match pour sa première titularisation en phase finale. Devant, Amad Diallo et Yan Diomandé portent l’avenir.
Désormais, le staff est face à ses responsabilités. Il faudra tirer les leçons de cette élimination, faire des choix courageux et bâtir une équipe capable non seulement d’imposer son jeu, mais aussi de s’adapter quand l’adversaire la neutralise. La Côte d’Ivoire a le talent. Il lui reste à gagner en lucidité et en maîtrise tactique. Dans cinq mois, il y a le Mondial américain. Il faudra vite relever la tête et aller de l'avant.