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Can 2025/Avant le match contre le Burkina Faso : Faé assume ses choix et parle de la profondeur de son banc et de Lafont

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Publié il y'a 5 jours
05.01.2026
Le chapeau

Menée et bousculée comme rarement depuis le début de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football 2025, la Côte d’Ivoire a pourtant terminé l’année sur une note victorieuse. Le mercredi 31 décembre 2025, au Grand stade de Marrakech, les Éléphants ont renversé les Panthères du Gabon (3-2) au terme d’un match à couper le souffle, validant ainsi la première place du groupe F devant le Cameroun. 

En conférence de presse d’après match, le sélectionneur Emerse Faé a justifié ses choix, assumé ses risques et défendu la profondeur de son banc, mise à l’épreuve après une première période difficile et inquiétante.
Avec dix changements dans le onze de départ, seul Franck Kessié conservant sa place, Faé avait fait un pari fort malgré l’enjeu. Un choix qui a failli se retourner contre lui. Dominés, fébriles défensivement, les Ivoiriens ont concédé deux buts sur des erreurs individuelles, symboles d’un manque de repères et de rigueur. « On a pris deux buts sur des erreurs techniques et de positionnement qu’on n’a pas l’habitude de faire », a analysé le sélectionneur, réfutant toute idée de panique malgré le score défavorable.
Dans cette première période délicate, Alban Lafont s’est retrouvé, malgré lui, au centre des débats. Le portier ivoirien, aligné pour soulager le titulaire habituel Yahia Fofana, a commis une erreur de main sur le premier but gabonais. Mais Faé n’a pas cherché à l’accabler. « Cela arrive, même aux plus grands gardiens », a-t-il simplement expliqué, rappelant que l’objectif restait collectif. Alban Lafont a vécu une soirée contrastée, reflet des difficultés générales de son équipe avant la pause.
Mais le sélectionneur ivoirien a surtout mis en avant sa gestion humaine et mentale. Alors qu’il envisageait des changements dès la mi-temps, Faé a choisi de faire confiance à son onze de départ. « On ne voulait pas les sanctionner directement en faisant des remplacements tout de suite. On a essayé de leur laisser le temps pour revenir au score », a-t-il insisté. Une décision qui a précédé le tournant du match. 
Les entrées d’Amad Diallo, Evan Guessand, Bazoumana Touré et Yan Diomandé ont transformé le visage de l’équipe. Plus tranchants, plus audacieux, les Éléphants ont retrouvé de la verticalité et de l’intensité, jusqu’à renverser la rencontre en marquant deux buts en 7 mn (Evan Guessand-84e mn et Bazoumana Touré-91e mn).
Ce succès nourrit néanmoins un débat : la profondeur du banc ivoirien est-elle au niveau pour aller au bout ? Faé, lui, refuse toute inquiétude. « Je ne réfléchis que positivement », a-t-il martelé, préférant retenir la réaction collective et l’apport décisif des entrants. 
En finissant premiers du groupe F, les Éléphants se sont surtout donnés six jours pour corriger les imperfections avant le huitième de finale à Marrakech, ce mardi 6 janvier 2026, face aux Étalons du Burkina Faso.
Une victoire renversante face au Gabon certes, mais aussi un avertissement : la Côte d’Ivoire a du caractère mais son équilibre reste fragile. Face aux Burkina Faso, la sanction pourrait être implacable.

Signature
Guillaume AHOUTOU (Envoyé spécial au Maroc)
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