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Can Maroc 2025 : Thierry Mouyouma explique la débâcle des Panthères du Gabon

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Publié il y'a 5 jours
05.01.2026
Le chapeau

Éliminé dès le premier tour de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football 2025 au Maroc après trois défaites en autant de sorties, dont le dernier face à la Côte d'Ivoire (2-3), le Gabon a quitté la compétition par la petite porte. En conférence de presse d'après match, le mercredi 31 décembre 2025, à Marrakech, le sélectionneur des Panthères, Thierry Mouyouma, a longuement justifié cet échec, évoquant à la fois des limites sportives, structurelles et humaines.

D’entrée, le technicien gabonais a parlé d’un match à deux visages face à la Côte d'Ivoire. « La première impression qui me vient, c’est qu’il y avait deux matchs dans un », a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « Dans le premier temps, nous avons réussi à empêcher l’adversaire de jouer dans les intervalles et de se projeter en transition rapide. Sur cette phase-là, le match a parfaitement fonctionné ».
Mais cette maîtrise n’a pas résisté à l’usure physique. « Ensuite, il y a eu un deuxième match, avec beaucoup plus de fatigue. Nous avons beaucoup joué et, à ce moment-là, il fallait gérer la largeur et surtout la qualité des changements », a-t-il argumenté.
Pour Mouyouma, la différence s’est faite sur le banc. « L’adversaire réussit à effectuer des changements qui apportent immédiatement de la qualité. De notre côté, quand on change, on apporte encore plus de difficultés parce que nous sommes limités », a-t-il dit. Un constat lucide qui renvoie au manque de profondeur de l’effectif gabonais.
Le sélectionneur a insisté sur la jeunesse de son groupe. « Vous savez que nous avons un groupe de gamins, beaucoup. L’équipe qui a commencé, c’est un groupe de relèves. Ils se battent avec leurs armes », a indiqué Thierry Mouyouma.
Une réalité difficile à gérer dans une compétition aussi exigeante. « Une équipe nationale ne peut pas exister autour de sept ou huit joueurs. Une équipe agressive et énergivore a besoin soit d’expérience, soit de profondeur », a-t-il affirmé.
Autre facteur déterminant : les blessures. « Quand vous arrivez dans une compétition comme celle-là avec quatre ou cinq joueurs majeurs blessés ou pas dans leur forme optimale, c’est un problème. Et ça s’est encore vu aujourd’hui. », a-t-il déploré. 
Mouyouma a regretté aussi une préparation tronquée. « Le calendrier Fifa nous a pris les joueurs tard. On n’a pas pu s’entraîner normalement, on a eu des blessures, et cela a cassé nos automatismes », a-t-il fait savoir.
S’il assume sa part de responsabilité, le sélectionneur refuse d’endosser seul l’échec. « Je suis l’entraîneur de cette équipe nationale, donc oui, ma responsabilité est engagée. Mais une équipe nationale dépend avant tout de sa ressource humaine. Si vous n’avez que deux ou trois joueurs majeurs, ça pose un vrai problème », a expliqué Thierry Mouyouma. Avant d’appeler à une remise en question plus large du football gabonais. « Aujourd’hui, nos clubs ne sont pas compétitifs sur la scène africaine. Or, ce sont eux qui doivent apporter l’expérience. Il faut s’asseoir, analyser ce qui n’a pas marché et construire », a-t-il lancé.
Dans la foulée, le gouvernement gabonais, dans une déclaration, a annoncé la dissolution de la sélection nationale et la démission de tout le staff technique dirigé par Thierry Mouyouma. 

Signature
G. AHOUTOU (Envoyé spécial à Marrakech)
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