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Football-Mondial 2026 : Emerse Faé, des choix et des interrogations

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Publié il y'a 5 heures
15.05.2026
Le chapeau

Le suspense est désormais levé. Le vendredi 15 mai 2026, le sélectionneur des Éléphants, Emerse Faé, a dévoilé la liste des 26 joueurs retenus pour la Coupe du monde 2026. Une sélection dans la continuité du groupe champion d’Afrique, mais qui, entre retours inattendus, premières convocations et absences de taille, ne manque pas de susciter interrogations et débats sur les critères de choix.

Le suspense a pris fin, le vendredi 15 mai 2026, avec la publication de la liste des 26 Éléphants retenus par Emerse Faé pour la Coupe du monde de football 2026, prévue du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Une liste qui reconduit l’ossature du groupe présent à la Coupe d’Afrique des nations (Can) en 2025, avec Franck Kessié, Jean-Michaël Seri, Ibrahim Sangaré, Evan Ndicka ou encore Séko Fofana. 

Mais derrière cette apparente continuité, plusieurs choix interrogent et relancent le débat sur les véritables critères de sélection du technicien ivoirien.

Le retour d’Oumar Diakité, absent lors du dernier rassemblement de mars, ainsi que la première convocation de Yoan Bonny, constituent les principales nouveautés. Si le jeune attaquant de l’Inter Milan a du potentiel, son irrégularité en club (46 matchs, 7 buts) suscite beaucoup d’interrogations.

Depuis sa prise de fonction, Emerse Faé insiste sur l’importance de la cohésion du groupe. « Nous sommes dans la continuité de ce qu’on a toujours prôné », a-t-il expliqué, rappelant l’union sacrée qui avait porté les Éléphants vers le sacre continental. Un argument recevable sur le plan humain mais qui ne saurait justifier à lui seul des choix qui semblent parfois déconnectés de la réalité sportive.

Le cas Martial Godo cristallise les incompréhensions. Auteur d’une saison remarquable avec 14 buts et 11 passes décisives en 42 matches, toutes compétitions confondues, l’ailier ivoirien avait également marqué des points lors de sa première apparition sous le maillot national en mars, avec un but et une passe décisive. Rarement un joueur aura autant plaidé sa cause sur le terrain. Pourtant, cela n’a pas suffi. À sa place, Emerse Faé a préféré rappeler Oumar Diakité dont les performances en club n’ont pas eu le même impact. Ce choix pose une question simple : les performances actuelles sont-elles réellement le principal critère de sélection ?

La même interrogation vaut pour l’absence de Sébastien Haller. Certes, l’attaquant n’a pas réalisé sa meilleure saison, mais son importance dans l’histoire récente de la sélection est incontestable. Buteur décisif contre la République démocratique du Congo (Rdc) en demi-finale puis auteur du but du sacre face au Nigeria lors de la Can 2023, Haller a démontré sa capacité à répondre présent dans les grands rendez-vous. 

Un garçon comme Jérémie Boga, qui a rejoint la Juventus de Turin en janvier 2026 en provenance de l’Ogc Nice, pouvait prétendre à cette liste avec ses 4 buts inscrits en 15 matches. 

En réalité, cette liste donne l’impression que certains joueurs bénéficient d’un capital confiance presque inépuisable, tandis que d’autres, malgré des performances convaincantes, restent à la porte. Une sélection nationale ne peut pourtant pas fonctionner durablement sur la base de la reconnaissance ou de la loyauté. À ce niveau, seule la forme du moment devrait primer.

Emerse Faé a fait ses choix et il en assumera les conséquences. Si les résultats suivent, les critiques s’estomperont. Mais en écartant des joueurs en pleine réussite au profit d’éléments moins performants, le sélectionneur prend le risque d’installer une frustration légitime et de nourrir le sentiment que le mérite n’est pas toujours récompensé en équipe nationale. Pis, cette façon de faire donne raison à ces binationaux qui trainent les pas avant de sauter dans le train de la sélection nationale de la Côte d’Ivoire.

Signature
Guillaume AHOUTOU
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