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Binao/ Après les violences lors de la présidentielle de 2025 : Des populations organisent une journée de pardon au chef de l'Etat

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Publié il y'a 1 mois
05.12.2025
Le chapeau

Lors de l’élection présidentielle du samedi 25 octobre 2025, des jeunes de l'opposition, respectant le mot d'ordre du mouvement de protestation ‘’Trop c'est trop’’ ou encore ‘’Non au 4e mandat’’ du Front commun du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (Ppa-CI) et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda), se sont attaqués à certains biens en détruisant des matériels électoraux et saccageant les locaux de la Commission électorale indépendante (Cei) locale à Binao. 

Ces jeunes, aidés d'autres manifestants venus des villages voisins, avaient dressé des barricades et empêché le déroulement du scrutin. L'intervention vigoureuse des forces de sécurité avait occasionné de nombreux blessés et des interpellations. 
Cette fièvre passée, les populations de Binao mesurent à présent les conséquences de ces actes et entendent prendre des dispositions afin de prévenir la survenue de tels événements au cours des élections législatives à venir. Ainsi, à l'initiative des responsables de la Mutuelle pour le développement économique et social de Binao (Mudesb), dirigée par Assandé Edgard, une journée dite de ‘’Pardon au chef de l'Etat’’ a été organisée à Gbolouville (Binao-Boussoué), le vendredi 28 novembre 2025, sous la présidence du préfet de Tiassalé, Houphouët Kouadio. 
L'objectif, selon les initiateurs, était d'apaiser les cœurs, de cultiver la cohésion pour le développement et surtout prévenir les violences électorales pour les législatives du 27 décembre. 
« Nous avons organisé cette cérémonie pour demander publiquement pardon au chef de l'Etat pour les actes regrettables survenus lors de l’élection présidentielle du 25 octobre. Nous voulons fédérer les esprits des populations autour de la cohésion et de la paix à Gbolouville. Nous allons veiller à ce que cela ne se répète plus », a indiqué Assandé Edgard au nom des membres de la Mudesb. 
Le préfet de Tiassalé, Houphouët Kouadio, a fait le point de cette journée électorale à Gbolouville. « Sur l'ensemble du département de Tiassalé, les élections se sont bien déroulées, notamment à Morokro, Botindé et bien d'autres localités. Mais je n'ai pas compris pourquoi à Binao les populations ont tenté d'empêcher les élections, allant jusqu'à saccager le siège local de la Cei. Vous devez vous ressaisir, car ces comportements délictueux ternissent l'image de tout le département. Voilà que les échéances législatives arrivent. Je demande aux jeunes d'arrêter de se laisser manipuler par les Hommes politiques. Evitez la violence et le désordre », a insisté le préfet Houphouët Kouadio. Il a demandé aux chefs des villages d'afficher la neutralité pendant les processus électoraux. 
Le président des jeunes, Koménan Désiré, a assuré que ces actes ne se répéteront plus à Gbolouville. « Nous prenons l'engagement de tourner cette page triste. Désormais, nous allons dénoncer tous les acteurs des troubles afin de garantir la paix et la cohésion sociale », s’est-il engagé. 
Le chef de Binao, Nanan Kaménan Akoï Jean-Marie Vianney, et celui de Boussoué, Nanan Essan Niangoran, ont, eux aussi, demandé pardon au numéro 1 ivoirien et ont pris l'engagement de renforcer la cohésion. Toutefois, ils ont plaidé pour la libération des jeunes du village incarcérés à la suite de ces événements. « Nous demandons pardon au chef de l'Etat et à toute la population de Côte d'Ivoire. Désormais, nous allons veiller à ce que les auteurs et les commanditaires de ces actes regrettables soient démasqués et sévèrement punis. Pour l'heure, nous demandons aux autorités de faire un geste pour que nos enfants emprisonnés nous reviennent. Nous allons leur tirer les oreilles une fois auprès de nous », ont-ils plaidé. 
L'un des temps forts de cette rencontre a été le don d'un bélier ainsi que du vivrier au préfet de Tiassalé pour symboliser leur adhésion à la paix tant prônée par le président Alassane Ouattara. 
Notons que plusieurs autorités politiques locales, à savoir le député de N'Douci- Gbolouville, Charles Gnaoré ; le représentant du ministre de la Santé, de l’hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Koménan Yao ; ainsi que le représentant du député de Koumassi, Kader Aboudramane Ouattara, ont pris part à cette journée du pardon et de réconciliation.  « Je suis venu pour déplorer cette situation et apporter mon soutien aux populations de Binao en leur demandant de renforcer l'amour et la cohésion », a dit le dernier-cité, qui a offert une enveloppe d’argent à la notabilité de Gbolouville. 

 

Signature
Norbert NKAKA (Correspondant régional)
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