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Interview /Législatives du 27 décembre 2025 à Guibéroua communes et sous-préfectures / Me Serge Ouraga (Candidat indépendant) : « Je veux être la voix du Guidiga pour aider nos parents et les Ivoiriens en général »

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Publié il y'a 2 mois
12.12.2025
Le chapeau

 Me Serge Ouraga est en lice comme indépendant aux législatives du samedi 27 décembre 2025 dans la circonscription de Dignago, Galebouo et Guiberoua (Guidiga) communes et sous-préfectures. Dans cette interview, l’avocat et porte-parole du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) partage les motivations de son engagement et son ambition pour le Guidiga. 

Qu’est-ce qui sous-tend votre engagement public ?
Me Serge Ouraga : Les prémisses de mon engagement public naissent déjà au cours de ma plus tendre enfance, puisque je suis né de parents qui, eux-mêmes, étaient engagés politiquement. Notre maison a toujours été un lieu de réunions politiques et a même servi de siège à un parti politique, à un moment donné. Mon engagement s’est affermi au cours de ma vie d’adulte, au vu des inégalités et injustices observées dans notre société. Guiberoua, notre belle petite cité, est l’exemple même des inégalités que je dénonce.

Quelles sont les valeurs ou convictions fondamentales qui guident votre action politique ?
Mon action politique est guidée par un fort désir de justice, d’égalité et d’équité. Je reste convaincu que ces 3 valeurs peuvent aider à consolider la démocratie et la paix dans une société, et à impulser significativement le développement d’un pays.

Quels rôles ou responsabilités avez-vous déjà assumés dans la vie publique, associative ou communautaire ?
J’ai occupé plusieurs postes de responsabilité, aussi bien dans les associations de jeunesse, dans la vie civile qu’au plan professionnel, notamment au sein de l’association des jeunes avocats de Côte d’Ivoire.

Quelles réalisations concrètes souhaitez-vous mettre en avant pour illustrer votre contribution au développement de votre communauté ou de votre secteur d’activité ?
Au titre des actions sociales, nous avons offert des broyeuses et autres pulvérisateurs à nos populations afin de les aider dans leurs activités agricoles. Récemment, nous avons apporté notre soutien aux familles déplacées dans les villages à proximité de Nahio, à la suite des événements d’octobre 2025. Au titre des actions citoyennes, nous avons aidé nos populations à acquérir des documents d’identité. Au titre du soutien juridique, nous avons fait des consultations juridiques à Guibéroua et sommes en train de concevoir un contrat-type pour les baux portant sur les parcelles-plantations. Ce document contribuera à sécuriser toutes les locations portant sur les parcelles de terre. Nous avons également assisté beaucoup de nos frères de Guibéroua confrontés à la justice, au Tribunal de Gagnoa.

Quels événements marquants de votre vie ont influencé votre décision de vous présenter aux élections législatives ?
J’ai fait les 3 principaux constats suivants : premièrement, Guibéroua est une ville laissée à l’abandon, alors qu’elle est un grenier pour la région et contribue pour une part très significative à la production de cacao. La croissance économique doit profiter à tous, y compris Guibéroua qui participe à cette croissance. La construction d’infrastructures dont le gouvernement actuel se glorifie dans plusieurs autres régions du pays s’arrête manifestement à Guibéroua, qui semble en être exclu. Il faut que le développement soit équitablement mis en œuvre dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire, sans exclusion. Nous devons prendre des lois dans ce sens.

Qu’en est-il des autres points qui justifient votre engagement ? 
Deuxièmement, Guibéroua est composée d’une population rurale très importante, à l’instar de plusieurs autres localités de la Côte d’Ivoire. Ces populations rurales sont le fer de lance de notre agriculture, sur laquelle, dit-on, repose l’économie de notre pays. Or, alors que les conditions de vie dans les zones rurales sont une priorité pour nos gouvernants- routes, échangeurs, ponts, assainissements supposés des villes etc.-, les populations rurales ne semblent pas être une préoccupation majeure pour ceux qui nous dirigent. Nous devons prendre des lois pour améliorer les conditions de vie des populations qui vivent en zone rurale : santé, éducation, reprofilage pistes, prêts bancaires et autres financements, retraite pour les paysans etc. Troisièmement, les problèmes liés au foncier, plus spécifiquement les transactions portant sur les plantations, méritent une attention particulière qui justifie mon engagement. De même, le coût d’obtention du certificat foncier rural doit être sensiblement réduit afin de pemettre aux populations rurales de l’obtenir. Il faut réformer la loi dans ce sens. Outre ces raisons, Guibéroua est confronté à d’autres problèmes qui méritent que sa voix soit entendue partout où besoin sera.  Je veux être la voix du Guidiga pour aider nos parents et les Ivoiriens en général, puisque nous partageons les mêmes réalités que plusieurs autres régions de notre pays.

Comment comptez-vous rendre compte de vos engagements et assurer la transparence de votre mandat ?
Je m’engage à avoir une permanence à Guibéroua, à l’effet de recevoir les populations qui souhaiteraient rencontrer leur député. Je m’engage également à faire régulièrement des consultations et à effectuer des tournées pour rendre compte aux populations du travail accompli en leur nom à l’Assemblée nationale.

En quoi votre vision diffère-t-elle de celle des autres candidats, et qu’apporterez-vous de nouveau à l’Assemblée nationale ?
Nous sommes habitués à des députés saisonniers qui ne se souviennent de leurs populations qu’au moment de l’élection, soit chaque 5 ans. Notre vision est que le député doit être proche de sa population, recueillir ses préoccupations et en tenir compte dans l’élaboration des lois. Certains de nos députés sont également muets sur les souffrances de nos populations. Notre vision est que le représentant du peuple doit défendre les intérêts du peuple ; ce qui implique aussi de dénoncer les injustices et inégalités que vivent nos populations. Je serai la voix du Guidiga mais aussi de toutes les populations de notre pays, en tant que député de la nation.

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Propos recueillis par Alassane SANOU
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