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Mondial 2026 de football/ Élimination de la Côte d'Ivoire en 16es de finale : Quand les choix d’Emerse Faé coûtent cher aux Eléphants

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Publié il y'a 23 heures
03.07.2026
Le chapeau

L'élimination de la Côte d'Ivoire en seizièmes de finale de la Coupe du monde de football 2026, après la défaite (2-1) contre la Norvège, le mardi 30 juin, à Dallas, marque un coup d'arrêt brutal à un parcours qui avait pourtant suscité beaucoup d'espoir. 

Qualifiée pour la première fois de son histoire à la phase à élimination directe d’une phase finale de Coupe du monde, la sélection ivoirienne repart avec le sentiment d'avoir laissé passer une occasion énorme d’écrire une grande histoire. Et comme c’est le cas souvent dans le football, les regards se tournent désormais vers le sélectionneur Emerse Faé.
Le technicien ivoirien est aujourd'hui au centre des critiques. En cause, des choix qui interrogent depuis le début du tournoi. D'un match à l'autre, Faé a rarement reconduit le même onze de départ. En défense comme en attaque, les changements ont été nombreux, donnant parfois l'impression d'une équipe encore en quête de certitudes malgré l'avancée de la compétition.
Face à la Norvège, la décision de laisser Amad Diallo sur le banc au coup d'envoi a particulièrement alimenté les débats. L'ailier, l'un des Ivoiriens les plus constants depuis le début du Mondial, n'est entré qu'en seconde période. Son impact a été immédiat. Auteur de l'égalisation, dangereux sur chaque prise de balle et à l'origine de plusieurs situations offensives, il a rappelé son importance dans l'animation du jeu ivoirien. Beaucoup estiment aujourd'hui que sa présence dès les premières minutes aurait pu modifier le scénario de la rencontre. 
Le coaching de Faé est également remis en cause. 
La sortie de Nicolas Pépé, qui posait des problèmes à la défense norvégienne, a surpris de nombreux observateurs. Les changements opérés n'ont pas produit l'effet recherché, tandis que la Norvège a progressivement repris la maîtrise de la rencontre avant de faire la différence.
L'ancien international ivoirien Éric Babou résume une partie des critiques adressées au sélectionneur. Selon lui, cette élimination est l'aboutissement d'une succession d'erreurs dans les choix des hommes, les options tactiques, la gestion du groupe et la communication. Pour l'ancien joueur de l'Africa Sports, cette défaite rappelle qu'au plus haut niveau, le talent ne suffit pas : l'humilité, la rigueur et le respect de l'adversaire restent des exigences permanentes.
Au-delà des choix tactiques, la question de l'efficacité offensive revient également avec insistance. Élie Wahi et Yoan Bonny, appelés à porter l'attaque ivoirienne, n'ont pas répondu aux attentes. Leur manque d'efficacité a pesé lourd dans les moments décisifs. Avec le recul, certains estiment que l'expérience de Sébastien Haller aurait pu constituer un atout malgré une saison en club moins convaincante. Son vécu en sélection et son sens du but nourrissent aujourd'hui les regrets, même si ce jugement est facilité par le résultat final.
Les critiques ne datent d'ailleurs pas d'après l'élimination. Avant même le début du tournoi, plusieurs observateurs avaient questionné certaines convocations et l'absence de joueurs comme Lazare Amani, Benié Traoré, Christ Bédia, Martial Godo ou encore d'autres éléments jugés performants. Les victoires obtenues en préparation contre la France, puis lors de l'entrée en lice contre l'Équateur, avaient toutefois atténué ces interrogations. Elles reviennent aujourd'hui avec davantage de force.
Pour autant, réduire cette élimination aux seules responsabilités du sélectionneur serait sans doute excessif. 
Les joueurs ont également leur part de responsabilité. Les occasions manquées, certaines erreurs techniques et le manque de réalisme offensif ont pesé dans la balance. 
De son côté, la Norvège a affiché une grande discipline tactique et s'est montrée plus efficace dans les zones de vérité.
Cette Coupe du monde laisse donc une impression contrastée. 
D'un côté, la Côte d'Ivoire a franchi un cap en atteignant pour la première fois les seizièmes de finale d'un Mondial à 48 équipes. 
De l'autre, le sentiment domine qu'elle possédait les moyens d'aller plus loin. C'est précisément ce décalage entre le potentiel de l'effectif et le résultat obtenu qui nourrit aujourd'hui les critiques.
La question de l'avenir d'Emerse Faé est désormais posée. Certains plaident pour la continuité, estimant qu'il reste l'homme qui a conduit la Côte d'Ivoire au titre continental en 2024 puis à une qualification historique pour les phases à élimination directe de la Coupe du monde. 
D'autres considèrent qu'un nouveau cycle doit s'ouvrir avec un autre sélectionneur afin de maximiser le potentiel d'une génération talentueuse. 
Quelle que soit la décision des dirigeants, elle devra être guidée par une analyse lucide des réussites comme des insuffisances observées durant ce Mondial 2026, plutôt que par l'émotion suscitée par une élimination frustrante.

Signature
Guillaume AHOUTOU
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